Pendant plus de vingt-ans, de 1855 à 1876, Napoléon-Ambroise
COTTET, a entretenu une correspondance avec son fils Jules Léon parti en août
1854 rejoindre la communauté icarienne d’Etienne CABET à Nauvoo dans l’Illinois
aux Etats-Unis.
Les lettres du père à son fils ont été conservées par les
descendants américains des Cottet. Une quarantaine de ces lettres ont été
retrouvées à Springfield dans un carton à chaussures à la fin des années 1980 par
l’arrière-arrière-petit-fils de Napoléon-Ambroise, le pasteur puis éditeur-historien
Lloyd Wayne GUNDY. Il les a communiquées
au professeur Robert P. Sutton, spécialiste américain de l’histoire du
mouvement icarien.
Au cours d’un voyage en France en 1995, Lloyd W GUNDY et sa
femme Wilma, ont déposé ce « trésor de lettres » à la Bibliothèque
municipale de Troyes.
Ces lettres, écrites par un intellectuel d’origine ouvrière,
un savant, engagé dans la vie politique, un militant républicain socialiste, un
libre-penseur « transporté » deux fois en Algérie par le régime
bonapartiste, offrent une description de
la vie intellectuelle, politique et sociale dans l’Aube pendant le Second
Empire et les débuts de la Troisième République ainsi que des débats qui ont
divisé la gauche républicaine.
Napoléon COTTET donne son point de vue sur la grande histoire,
il évoque les conflits en Europe, la guerre du Mexique, la guerre de sécession
aux Etats-Unis, l’élection de LINCOLN.
Il exprime sa perception de la politique française, l’arrivée au pouvoir
de Louis-Napoléon Bonaparte, les combats
des républicains sous le Second Empire, la Commune de Paris. Il décrit
les transformations de la ville de Troyes sous l’impulsion du maire Désiré ARGENCE, les actions des premiers socialistes troyens
autour de Claude-Joseph HABERT et Stanislas BALTET.
Cette correspondance privée éclaire la vie familiale
mouvementée d’un militant ouvrier avec sensibilité et parfois humour.
Ces lettres méritent de sortir de l’oubli pour compléter les
études historiques sur cette période qui a installé la République en France. Elles témoignent du
courage et de la ténacité de ces militants, qui ont préservé tout au long de
leur vie des raisons d’espérer en un avenir meilleur, plus juste et plus éclairé.
Wilma GUNDY a publié
plusieurs nouvelles évoquant les recherches généalogiques de son mari et la
découverte des lettres chez une petite-cousine, elle en a fait un chapitre de
son livre « Ma vie sans régisseur » publié en février 2013 aux
Etats-Unis.
Pamela PATRICK a communiqué des photos de Jules Léon à
Springfield et en famille avec sa seconde femme Clara WOLPERT.
Jusqu’à présent l’autre
partie de la correspondance, les lettres
adressées par le fils à son père n’ont pas été retrouvées…
1 commentaire:
Eatnt moi-même genealogiste je REVE de trouver ce genre de cartons à chaussures!! :o)
Mais rien de tel, et pas de personnages aussi riches et interessants que ceux-là..du moins jusqu'à present!
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