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lundi 7 septembre 2020

Hommage au Docteur Fourcade par la Société académique de l'Aube avril 1835



« Parmi vos membres correspondants un jeune médecin de la plus haute espérance, dont Troyes ne saurait oublier le zèle actif, les secours désintéressés, le dévouement héroïque à l’époque fatale du choléra,  M.  Fourcade  vient d’être moissonné à la fleur de l’âge, par le même fléau qui a ravagé le Caire et presque toute l’Egypte. »

Mémoires de la Société académique de l’Aube avril 1835 page 122.

Une brève biographie publiée récemment dnas la base prosopographique du CTHS


FOURCADE Louis Antoine Léon
Naissance: 11 mars 1801 à Montauban (Tarn-et-Garonne) - Décès: 20 février 1835 à Egypte

Société(s)
Société académique de l'Aube : Membre correspondant le 20 juin 1834, 1834
Biographie
Fils d’un ingénieur toulousain, il fit ses études à l’hôpital de la Grave à Toulouse de 1814 à 1822, et à la faculté de médecine de Toulouse. Tiré au sort pour effectuer ses obligations militaires classe 1821, il réussit à se faire admettre comme chirurgien sous-aide major à l’hôpital militaire d’instruction de Strasbourg en 1822. Il poursuit sa carrière de chirurgien militaire en Espagne puis en France, il réussit à être affecté dans des hôpitaux militaires parisiens Picpus, Val de Grâce, et peut fréquenter la faculté de médecine de Paris où il obtint son titre de docteur en 1829.
Louis Fourcade est un chirurgien médecin militaire français.

Nommé chirurgien sous-aide-major au Bataillon des ouvriers d’administration de Troyes en 1830, il participe activement à la vie locale, noue des relations avec l’ensemble du corps médical, et cherche perpétuellement à acquérir de nouvelles compétences.
Membre actif de la Société anatomique de Paris il participe à ses travaux. Pour acquérir de nouvelles compétences dans le domaine de la chirurgie militaire à l’instar des membres de la famille Larrey il sollicite en vain plusieurs mutations pour la Pologne, l’Italie, et l’Afrique. Il est confronté en 1832 à l’épidémie de choléra virulente sur Troyes et épaule ses confrères civils. A ce titre il est proposé pour la Légion d’Honneur qui ne lui sera pas décernée. Disciple du Docteur Amusat, il pratique plusieurs amputations de seins cancéreux avec la technique de torsion des artères.
En 1834, il sollicite et obtient un congé sans solde pour se rendre en Egypte auprès de ses condisciples saint-simoniens. La Société Académique de l’Aube, le nomme membre correspondant le 20 juin 1834.
En Egypte, il se rapproche du Docteur Clot-Bey, est nommé médecin major à l’école de la Toura puis à l’hôpital d’Eskebie puis médecin chef de l’hôpital des troupes de terre d’Alexandrie.
Il décède de la peste, quelques heures après avoir assisté à l’autopsie d’une femme, en dépit des soins de ses confrères le 20 février 1835.

Sa mémoire est évoquée dans plusieurs ouvrages : « Mémoire d’une fille du peuple ou la Saint-simonienne en Egypte » de Suzanne Volquin et des Rapports et traités sur la peste orientale.
Ses amis et professeurs, les docteurs Amusat, Larrey père et fils lanceront une souscription en 1835 pour assister financièrement sa mère dont il était le seul soutien.

Sources biographiques
- Dossier de carrière des officiers de santé Service Historique de la Défense 3Yg13446
- Fonds Enfantin – correspondances diverses saint-simoniens Bibliothèque de l’Arsenal
- Rapport à l’Académie Royale de médecine sur la peste et las quarantaines vol 1de René-Clovis PRUS 1846
Bibliographie
- Thèse 1829 Faculté de médecine de Paris « Etude clinique, anatomique et expérimentale de l’épanchement de sang dans l’abdomen » Paris 1829
- Contributions à diverses revues médicales





mardi 16 janvier 2018

Le Dr Fourcade, victime de la peste en février 1835



  Le Dr Fourcade, chirurgien militaire à Troyes demanda un congé  sans solde en juin 1834 pour se rendre en Egypte rejoindre plusieurs de ses amis saint-simoniens partis pour construire des barrages ou enseigner la médecine.
Arsène F Bulard décrit la fin tragique de ce jeune médecin atteint par l'épidémie de peste dans son livre "De la peste orientale" publié en 1839.
La Société académique de l'Aube qui avait  reçu le Dr Fourcade comme membre correspondant le 20 juin 1834 salua sa disparition dans ses Mémoires publiés en 1835.
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dimanche 24 décembre 2017

La convalescence du mécanicien Bigey soigné par le chirurgien Fourcade à Troyes

  Claude-Joseph Bigey, mécanicien-serrurier, dans son atelier pendant sa convalescence en 1834




M. Bigey, serrurier-mécanicien à Troyes, âgé de trente-cinq ans conduisait une pompe à incendie sur un chariot dont le poids total peut être évalué à 1500 livres. Il fut renversé de son siège par l’emportement du cheval; étendu sur le sol, une roue lui passa sur la jambe gauche.
Appelés une heure après l’accident dans la nuit du 21 décembre 1833, les docteurs Fourcade et Patin, constatèrent une fracture du tibia à deux pouces au-dessus de la malléole et lui portèrent les premiers soins avec la réduction de la fracture.
Le lendemain matin, le Dr Fourcade poursuivit les soins et appliqua l’appareil des fractures de jambe décrit dans la clinique du professeur Larrey.
Au bout d’un mois de séjour alité,  l’accidenté « homme actif d’esprit et de corps, » ne supporta plus l’obligation de rester au lit. Le Dr Fourcade songea à utiliser la suspension de Sauter et donna la préférence à l’appareil simplifié de M. Mathias Mayor de Lausanne, qui consiste en une planchette proportionnée au membre fracturée, percée de quatre trous, un à chaque angle, dans lesquels passe une corde formant deux anses parallèles saisies au milieu par un crochet. Le patient étant un mécanicien réputé, en moins d’un jour il mit au point cet appareillage en détournant un support se trouvant dans son atelier pour un autre usage.
Le Dr Fourcade communiqua un croquis représentant son patient dans son atelier, publié dans une revue médicale relatant cette opération et la convalescence .
C’est la jambe portée sur ce petit hamac garni d’un coussin de balles d’avoine que notre blessé a attendu patiemment la consolidation de sa fracture, se levant tous les jours, dirigeant son atelier.
Le 16 février 1834, cinquante-sixième jour après l’accident, l’appareil fut levé en présence de plusieurs médecins qui constatèrent la grande solidité et la régularité du cal, résultat de la compression exacte, constante et circulaire, un des avantages de l’appareil inamovible.
Quelques mois plus tard, le Dr Fourcade, saint-simonien, quitta Troyes pour se rendre auprès du Dr Clot-Bey en Egypte, où il décéda le 18 janvier 1835, malade de la peste contractée  quelques jours auparavant au cours des soins dispensés à une malade.