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vendredi 10 mars 2017

Plantation d’un arbre de la liberté lors du passage de Louis-Philippe à Troyes Juillet 1831





Plantation d’un arbre de la liberté lors du passage de Louis-Philippe à Troyes
Juillet 1831
« Après le banquet, une foule immense a accompagné les autorités sur les promenades, où les danses se sont prolongées jusque dans la nuit.
Un grand nombre de gardes nationaux se sont emparés du buste du Roi et l’ont promené triomphalement dans les principales rues de la ville, en chantant les refrains patriotiques chers à la France. Le buste du Roi-citoyen, en la loyauté duquel le peuple a mis sa confiance, a été déposé ensuite à l’Hôtel-de-ville aux cris mille fois répétés de Vive le Roi ! vive la liberté ! vive la famille royale !
Le soir vers onze heures et demie, un groupe d’individus, parmi lesquels on remarquait des soldats du bataillon d’ouvriers en garnison à Troyes, s’est porté sur la place d’Armes, avec un arbre de la liberté, annonçant hautement l’intention de planter cet arbre sur la place. La plantation pure et simple d’un arbre de la liberté est sans contredit un acte bien innocent. Mais c’est le lieu, c’est surtout l’heure de nuit choisie pour cette manifestation bruyante, qui deviennent répréhensibles. Libre à chacun de planter un arbre de la liberté dans son champ, dans sa cour, mais sur une place publique, ne faut-il pas l’assentiment, l’autorisation des magistrats ? Le programme à cet égard ne contenait aucune disposition. Ne devait-on pas s’y conformer ? En un mot la fête de la liberté ne doit-elle pas être aussi la fête de l’ordre ?... Toujours pouvons-nous affirmer l’opinion générale est que le temps était mal choisi, et que l’on ne doit point mettre en émoi tout un quartier de la ville pour planter un peuplier d’Italie, à minuit. Des patrouilles de la garde nationale se sont formées spontanément, et tout est rentré dans l’ordre. La garde nationale de Troyes ne saurait oublier sa devise : Liberté, ordre public…
A cela près de cette petite échauffourée, où M. le préfet est venu interposer son autorité, l’ordre le plus parfait a présidé à la solennité de chaque jour de nos trois glorieuses fêtes. »

(extrait du Journal de l’Aube, le 30 juillet 1831 sous la plume de Jules Béliard)

Amédée Aufauvre en donne une autre version dans Le Propagateur, édition des lundi et mardi 28 mars 1848 :
«  Lors du passage de Louis-Philippe à Troyes, alors que la royauté inspirait encore à la foule une confiance que les patriotes éclairés n’avaient jamais partagé, les citoyens Jacquin et Grisier prirent l’initiative d’une adhésion éclatante au régime républicain.
Secondés par quelques patriotes ils allèrent planter au milieu de la place d’Armes un arbre de la liberté. Le préfet de l’époque, le baron de Saint-Didier se rendit en toute hâte sur le lieu où s’accomplissait cet acte d’opposition à la royauté, accompagné de plusieurs agents de la force publique.
Sa présence et ses menaces firent retirer la plupart des auxiliaires de Jacquine tt Grisier qui restèrent seuls avec un jeune sergent du bataillon d’administration au pied de l’arbre de la liberté… Une enquête fut faite, une instruction judiciaire commença, cette procédure avait pour but de conduire les principaux meneurs en cour d’assises.
Mais influencé par la crainte de provoquer par la persécution des sympathies à la faveur de la cause républicaine, le pouvoir ne donna pas suite à l’affaire ».
. Julien Joseph Jacquin (voir sa biographie dans le nouveau Dictionnaire des célébrités de l’Aube – Maison du Boulanger Troyes 2016 )
.  Isidore Grisier (biographie en cours de rédaction)

jeudi 9 mars 2017

Louis-Philippe, roi-citoyen à Troyes le 29 juillet 1831



M. le colonel de la Garde nationale de Troyes à Louis-Philippe, roi des Français le 29 juillet1831 :

« Sire,
J’ai l’honneur de vous présenter les hommages de la garde nationale de Troyes, dont Votre Majesté par une auguste préférence qui partage, avec le choix de mes camarades, tous les sentiments de mon cœur, vient de me confier l’honorable commandement.
La gloire et l’indépendance de la patrie, le trône populaire du roi-citoyen, ne comptent parmi nous que des amis et des défenseurs dévoués.
La liberté et l’ordre public, noms sacrés que votre main vraiment royale a inscrits sur nos drapeaux, n’ont pas de plus fermes soutiens que nous.
Sire nous sommes fiers de pouvoir vous dire que nous avons, des premiers, arboré, en juillet, nos trois glorieuses couleur, proclamé le soldat de Valmy et de Jemmape lieutenant-général du royaume, et d’une même voix, fait des vœux pour la proclamation immédiate du roi.
Nous avons salué avec amour et enthousiasme, dans votre élection, l’alliance désormais indissoluble du pouvoir monarchique constitutionnel et de la liberté.
C’est dans ces sentiments patriotiques que nous verrons fleurir et se développer progressivement dans nos institutions, pour le bonheur de la France, la gloire de votre règne, et la puissance de votre dynastie, les principes de la révolution sage et grande qui vous a couronné. »


Discours prononcé par M. Perrot-Prailly, colonel de la Garde nationale de Troyes, lors du passage à Troyes de Louis-Philippe, le 29 juillet 1831 célébré par le rédacteur du Journal de l’Aube dans son éditorial du 30 juillet 1831 :


« Le Roi sans chambellans, sans pages, sans maîtres des cérémonies ; ce Roi citoyen ; ces princes élevés dans nos collèges et partageant les prix des classes, ex aequo, avec les boutiquiers de Paris, nous les avons vus hier au milieu de nous. Ils ont été reçus sans pompe ruineuse, sans arcs de triomphe imposés aux contribuables…
Tout nous disait qu’il ne fallait pas recevoir le Roi des Français, comme l’ancien roi de France ; Louis-Philippe l’élu de la nation, comme Charles X l’élu de la Sainte-Alliance.
A un prince populaire, réception populaire. A vous gardes nationales, à vous citoyens de tous rangs, à nous tous qui sommes heureux et fiers de la révolution et du nouveau règne qu’elle a enfanté, le soin de cette réception. Maintenant rien de prescrit, point d’instigation, de bonheur de commande, tout ce qui se fera pour notre roi sera de bon aloi, et comme la Charte, l’enthousiasme sera une vérité. Telle a été la fête d’hier, qui n’a laissé dans nos cœurs qu’un seul regret, celui des trop courts moments où nous devions jouir ici de sa présence. »