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samedi 21 décembre 2019

Avis aux Dames de la modiste Korzeniewska-Duquairoux Troyes 1846



Rosalie Madeleine Duquairoux originaire de Brienne-le-château a épousé à Troyes le 9 septembre 1843 un militaire polonais réfugié Jean Népomécène Stanislas Sigismond Korzeniewski.
En novembre 1846 elle publie dans le journal "Le Propagateur" un avis aux Dames.
De retour de Paris, elle dispose d'un "joli choix de mode, de chapeaux et capotes en soie et velours" à des prix très modérés.
Elle fabrique des chapeaux de paille d'Italie et confectionne les coiffures de bals et soirée.
Elle  dépose le 5 mai 1852 un brevet pour des perfectionnements apportés à la fabrication des chapeaux de paille
 Elle est l'une des sœurs d'un prodige mathématicien François Duquairoux

 né le 20 mars 1823 à Brienne le château, fils de Gaspard Duquairoux, menuisier et Marie Madeleine Duc. Repéré en 1830 par la Société académique de l’Aube comme un enfant très doué en calcul. Une délégation d'académiciens se rend à Brienne pour constater les capacités remarquables de cet enfant. Un compte-rendu  est publié dans les Mémoires de la Société.
Il publie à Troyes trois ouvrages en 1854 :
-  Préparation à la science, 32 pages – imprimerie Cardon ;
-  Instructions catholiques,  58 pages même éditeur
-  Les six jours de la création – Evangile de l’esprit – même éditeur.
Il est  un accordeur de piano réputé sur Troyes et disparaît avant  la fin des années 1850 sans laisser de traces ( jusqu'à présent).
L'un de ses  frères aînés, Louis Duquairoux, est un facteur de piano célèbre à Paris...
Le décès de Madame Veuve Korzeniewska, née Duqairoux est publié le 15 septembre 1907 dans le Bulletin polonais, littéraire, scientifique et artistique de l'Association des anciens élèves de l'école polonaise parisienne.
 Elle est décédée le 22 août 1907 à Asnières à l'âge de 93 ans.

lundi 27 mars 2017

Remerciements de Stanislas Gaïurski, réfugié polonais, docteur en médecine

Stanislas Gaïurski, né en Pologne  en 1811, réfugié en France, à Amiens, Montpellier puis Troyes, a exprimé plusieurs fois sa gratitude au peuple français pour son hospitalité.

En 1840, lors de la  soutenance publique de sa Dissertation sur la fracture de la rotule. Tribut académique à la Faculté de Médecine de Montpellier, le 16 Novembre 1840; par C.-Stanislas Gaiurski, de Miendzyboz, gouvernement de Podolie (Pologne); Docteur en médecine, Ancien Professeur de Latyczew, Chirurgien externe de l'Hôtel-Dieu d'Amiens (Somme), honoré du premier prix, le 8 Novembre 1838, pour les soins portés près des malades civils et militaires par 1'Administration des Hospices de la même ville.






Aux Français



Après nous avoir chassés de nos foyers, la tyrannie, toujours ingénieuse dans ses persécutions, nous a poursuivis sans relâche dans les différentes parties de l’Europe. Nous serions encore à la merci de ses coups, si vous ne nous aviez tendu votre main hospitalière. Honneur à vous dont le cœur recèle tant de sympathie pour le malheur ! Non contents de subvenir aux besoins matériels de la vie, vous nous avez ouvert les portes de vos facultés, où d’illustres maîtres nous ont initiés dans l’art de soulager nos frères. Tant de bienfaits, que je suis heureux de proclamer en ce jour solennel, vous assurent la reconnaissance et l’amitié de tous ceux qui sont réellement Polonais.



 



Stanislas Gaïurski



 novembre 1840

 

En 1841, il est médecin à Troyes et il épouse à Estissac, Justine Menneret, veuve d'un officier de santé Antoine Mathieu Drollet.

En 1846,  l'Aube se mobilise une nouvelle fois pour venir au secours de nouveaux réfugiés polonais. Une campagne de souscriptions en leur faveur est lancée au mois de mars  par Amédée Aufauvre, rédacteur en chef du journal "Le Propagateur de l'Aube" elle rencontre un grand succès. Le journal publie régulièrement des listes de souscripteurs provenant de Troyes et de plusieurs villes et villages de l'Aube.

 

Le Docteur Stanislas Gaïurski, médecin troyen, adresse alors les remerciements de la communauté polonaise de l'Aube.




Monsieur le Rédacteur,

 

C’est au nom de trente et quelques polonais résidant dans le département de l’Aube que je viens vous adresser nos remerciements pour l’intérêt que vous avez témoigné à notre chère patrie.



La population n’est pas restée insensible en présence des sympathies qui se produisaient de toutes parts, et son noble et généreux élan nous a pénétrés tous de la plus vive et plus durable reconnaissance. Quel cœur ne serait pas ému en face de tant de manifestations inspirées par le désir de voir l’affranchissement de la Pologne. Puisse notre infortuné pays triompher de ses oppresseurs. Alors la France et la Pologne unies dans une mutuelle concorde et marchant ensemble vers le même but, seraient la plus puissante garantie de liberté et de progrès que l’Europe puisse posséder.



Vous, ministres du culte catholique, recevez aussi par ma faible voix le gage de notre vive reconnaissance. Vous avez compris que la cause polonaise est aussi la vôtre. C’est dans les croyances de nos pères que les proscrits et les opprimés ;ont trouvé des consolations ; ce sont elles qui inspirent, les insurgés, et ce sera avec leur aide que tôt ou tard la Pologne finira par reconquérir sa place parmi les nations…



On ne renonce pas plus à son Dieu, qu’à sa patrie, qu’à sa liberté ! Aussi quels que puissent être les efforts du despotisme ; qu’on décime la Pologne, qu’on la brise, aussi longtemps qu’il y restera des habitants, il y restera des bras pour porter les armes contre les oppresseurs, et des voix pour proclamer nos droits. Oui, nous en avons la conscience. La Pologne revivra, reprendra sa place et sœur de la France dont son intelligence et ses instincts la rendent dignes, elle prouvera ce que peuvent réunis dans un même sentiment, la liberté, le droit et la foi. Veuillez agréer, etc. »



Stanislas Gaïurski,


Docteur en médecine, réfugié Polonais

Le 4 avril 1846

Stanislas Gaïurski décède le 17 mars 1859, âgé de 47 ans, en Afrique dans la province de Tripoli, lors d'une mission contre la peste qui sévit dans la région de Benghazi. Son dévouement est souligné dans le Recueil des travaux du Comité consultatif d'hygiène publique en France et des actes officiels de l'administration sanitaire tome 4. Le rédacteur témoigne de l'engagement remarquable de ce médecin d'origine polonaise naturalisé français et propose de solliciter l'aide de l'empire ottoman pour subvenir aux besoins de sa veuve et de ses enfants restés sans ressource en France.
Son épouse devient marchande de mercerie au détail, au 2, du quai Napoléon. Elle décède, âgée de 85 ans  à Troyes en 1891.

 

 

samedi 25 mars 2017

1833 Troyes se mobilise pour les réfugiés polonais





Comité de secours en faveur des Polonais

Hier, sur l’invitation de M. Perrot, colonel de la garde nationale, une assemblée a été tenue à l’Hôtel-de-Ville sous la présidence de M. le maire. Elle avait pour objet la création d’une commission destinée à régulariser l’obtention et la répartition des secours que réclame la position malheureuse des Polonais résidant en nos murs et qui commandent à la France ses souvenirs et ses sympathies.
M. le Maire de la ville de Troyes a été nommé Président, M. Perrot, Vice-Président ; M. Couturat, Trésorier ; M. Nicol, secrétaire ; huit commissaires leur ont été adjoints, ce sont  :
MM. Goussier, Pelée de St. Maurice, Baudin-Anheim, Delaffertey, Cénégal, Cardon, Millard, Tatin.
Un premier appel a été fait à l’assemblée composée de 28 personnes, il a produit 140 fr.
Tout fait espérer que les soins de la commission nouvellement créée sauront apporter des soulagements efficaces aux braves et infortunés proscrits.

Publié dans Le Progressif de l’Aube du jeudi 25 juillet 1833  Troisième année n°502 dont le gérant-rédacteur était M. J.S. Saint-Amant.

Parmi les participants on remarque des libéraux de tendance républicaine : le colonel Perrot est le pharmacien appelé aussi Perrot-Prailly, Nicol Eloi-Théophile est un commis greffier du Tribunal d'instance de Troyes,  Millard Jean sera élu député de l'Aube en 1848.