Rodolphe Lucien Desdunes 1849-1928 a publié en 1911 dans son ouvrage "Nos hommes et notre histoire" une courte biographie de Madame L.R. Lamotte 1848-1907 une créole libre née et décédée à la Nouvelle-Orléans.
Cette femme remarquable n'est autre que la brève épouse d'un commerçant troyen, marchand de chemises à la fin des années 1860 François Hippolyte Rouilliot, né à Brienne la Vieille.
Elle s'appelait Louisa Rouilliot-Lamotte et était la fille d'un architecte André Lamotte et de sa femme Emilie Dupuis.
Voici ci-dessous cette mini biographie.
Mme L. R. LAMOTTE
La population créole réclame comme une de ses gloires littéraires Mme Louisa
Lamotte.
Cette femme, si bien connue par son érudition, par les grands services qu'elle
a rendus à la cause de l'éducation et, notamment, par sa position comme
directrice du Collège de Jeunes Filles d'Abbeville, France, a reçu les Palmes
Académiques, quelques années avant sa mort.
Mme Lamotte s'est constamment distinguée dans sa longue carrière de quarante
années passées dans l'enseignement, à Paris et ailleurs.
Le fait qu'elle a été décorée par des sociétés savantes de l'Europe est un
titre puissant à la considération toute particulière que nous accordons à sa
mémoire.
Dans son cas au moins, on constate que les têtes dirigeantes de la France n'ont
pas été les seules à reconnaître ses mérites.
L'Abeille de la Nouvelle-Orléans, à laquelle Mme Lamotte a collaboré, n'a
pas manqué d'exprimer ses profonds regrets, lorsque la mort est venue la
frapper, en 1907.
Voici les réflexions de ce journal :
MEMENTO
"Nous apprenons, non sans en être profondément attristé, la mort d'une
femme que nous tenions en la plus respectueuse estime, d'une femme qui,
longtemps, nous honora de sa collaboration et qui, depuis de longs mois, était
retenue captive chez elle par une santé chancelante, Madame Louisa Lamotte.
"Nous ne connaissons pas les circonstances qui ont entouré la mort de
l'excellente femme ; mais nous avons l'assurance qu'elle n'aura éprouvé
aucune terreur à l'approche de la mort, tant était tranquille et sereine
toujours sa conscience.
"Madame Lamotte est née à la Nouvelle-Orléans, mais elle avait été élevée
en France, où la plus grande partie de son existence s'était écoulée. Elle
avait été appelée à la Nouvelle-Orléans par ses intérêts, et c'est en y
consacrant tous ses soins qu'elle a succombé à l'épuisement de ses forces.
"Madame Lamotte avait eu à Paris la direction d'une maison d'éducation de
jeunes filles, et avait fondé dans la grande Capitale une Revue qu'elle
rédigeait avec talent.
"Le Gouvernement reconnut son mérite, et la décora des Palmes Académiques.
"Jamais, dans ses causeries toujours intéressantes, ne faisait-elle
étalage de son savoir de son érudition, trop humble, trop modeste était-elle
pour cela : jamais non plus, n'y manquait-elle de bienveillance.
"Son très ardent désir était de retourner en France, d'y aller reprendre
ses relations trop longtemps interrompues, de se rapprocher enfin du seul être
cher qui lui restât, une fille.
Elle est morte en plein rêve ; et bien doux aura été son réveil dans le
Grand Au-delà, si le juste y reçoit sa récompense."
Un long et patient travail dans diverses archives en France et aux Etats-Unis devrait permettre d'étoffer la biographie de cette femme pionnière de l'enseignement des jeunes filles en France qui a également donné des cours gratuits à Paris pendant la Commune aux Batignolles dans le17ème arrondissement. ainsi qu'en témoignent des affiches signées par le maire Benoit Malon.
Voir Maison Hippolyte Rouilliot à Troyes
Poème de Rodolphe Lucien Desdunes
To the French High Commission
(Hommage de la population de couleur.)
Messieurs:
Héros, Vous qui Venez de la France lointaine,
Vous, défenseurs du droit et de la liberté;
Des humbles descendants de la race Africaine,
Veuillez bien accueillir l'hommage mérité.
Nous, aussi, nous voulons témoigner a la France,
Au nom de l'avenir, du présent, du passe,
Nos sincères souhaits, notre reconnaissance,
Tel que, de tous les temps, notre âme la pense.
Nous avons admiré l'illustre Lafayette,
Le Divin Lamartine et le sublime Hugo,
De nos Dumas, la France est seule qui S'inquiète,
Qui, par amour du bien, sait consacrer le beau.
Rodolphe Desdunes