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jeudi 9 septembre 2021

Paul Verneyras, ouvrier bonnetier, député


 

 


Paul Georges VERNEYRAS

 

Né le 19 mai 1898 à Troyes (Aube), mort le 19 mai 1996 à Mathaux (Aube) ; commis du textile ; secrétaire de la Fédération des syndicats professionnels chrétiens de Champagne ; dirigeant de la CFTC ; résistant ; député MRP (1945-1951).

Fils d’un gardien de la paix agnostique et d’une brodeuse qui devint croyante sous l’influence de son fils, Paul Verneyras fut, dès l’âge de quatorze ans, commis dans une entreprise de bonneterie où la répartition sociale était particulièrement tranchée : d’un côté l’aristocratie de la maille, de l’autre tout le reste, c’est-à-dire tout le prolétariat exploité. Le jeune commis en faisait partie. Il fréquenta cependant les patronages catholiques comme ses amis d’école. Vers 1913-1914 des Jésuites de l’Action populaire, venus de Reims, s’efforcèrent de secouer un peu la léthargie spirituelle de ce milieu populaire, ce qui ne laissa pas indifférent le jeune Verneyras.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Paul Verneyras fut particulièrement sensible au développement des luttes et aux conseils des pères Jésuites avec lesquels il avait conservé des relations. Aussi s’efforça-t-il de lutter, sans perdre pour cela tout lien avec l’Église. Il milita d’abord à la CGT comme beaucoup de futurs dirigeants des syndicats chrétiens originaires du milieu ouvrier mais quitta cette organisation dès 1919 parce qu’il considérait qu’elle était traversée par des courants trop politiques, trop idéologiques et, surtout, parce qu’il y décelait une attitude profondément antichrétienne.

Après cette rupture, Paul Verneyras connut une véritable carrière de dirigeant syndicaliste chrétien. Il fonda le syndicat des employés puis celui des ouvriers de la bonneterie. Il fut secrétaire de l’Union départementale de l’Aube puis président de l’Union régionale de Champagne, enfin membre du Conseil national de la CFTC à partir de 1929 puis membre du bureau confédéral. Dirigeant du syndicat chrétien du Textile de Troyes, il participa activement au comité d’action du textile constitué en 1927 par Marcel Cuny* (pour la CGTU), Driffort* (pour la CGT) et lui-même pour les chrétiens. Cette action commune contre les baisses de salaires annoncées se poursuivit en 1928 et 1929 et un accord fut finalement signé avec les employeurs. En 1936, Verneyras signa les accords avec le patronat au nom de la CFTC.

Paul Verneyras était, en 1939, l’un des leaders de la CFTC. Il avait été délégué au Ier congrès de la CFTC (1920) et le fut de nouveau aux IIe et au IIIe. Il était très lié à Gaston Tessier*.

Son action dans la Résistance lui valut après la guerre d’être parlementaire et d’occuper des fonctions de responsabilité dans la presse. Il fut délégué de Libération-Nord à l’Assemblée consultative provisoire en 1944-1945 dont il démissionna en juillet, conseiller municipal MRP du 6e secteur de Paris en 1945-1947. Paul Verneyras était alors commerçant. Il représenta le 3e secteur de la Seine à la première Assemblée constituante (1945-1946), puis à l’Assemblée nationale de 1946 à 1951. Il quitta le MRP en 1951 et siégea comme non-inscrit. Il était le troisième élu de la liste de Marc Sangnier.

Il avait épousé le 18 avril 1922 à Troyes Marie Cinier.

 

extrait du Maitron, par Michel Launay

 

samedi 2 mars 2019

Marguerite Sardin Laroche, Bar sur Seine,1889-1969, enseignante, syndicaliste, militante laïque

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Marguerite SARDIN, épouse LAROCHE, née le 28 décembre 1889, décédée le 29 janvier 1969
enseignante, syndicaliste, militante laïque.
Stèle funéraire proche de la tour de l’horloge de Bar sur Seine


LAROCHE Marie, Marguerite née SARDIN.
Née et décédée à Bar-sur-Seine (Aube), 28 décembre 1889-29 janvier 1969 ; professeure, directrice d’Ecole Primaire Supérieure puis de collège ; militante syndicaliste du SNEPS, puis du SNCM et des organisations laïques en Moselle.
Son père, Henri Sardin, était cordonnier, Grand-rue à Bar-sur-Seine, sa mère, Eléonore-Joséphine Martret, était sans profession. Marie Sardin obtint le brevet supérieur en 1907, commença des suppléances d’institutrice à Essoyes (Aube) et y enseigna jusqu’en 1917, avant d’être nommée pour une année à Bar-sur-Seine.
Elle épousa, le 4 novembre 1916, à Bar-sur-Seine, Pierre Laroche, instituteur. Ce dernier, dans les années 1930, fut le secrétaire de la section socialiste SFIO de Forbach (Moselle). Chevalier de la Légion d'honneur en 1932.
Marie Laroche obtint les deux parties du certificat d’aptitude pour le professorat d’enseignement commercial en 1922 et en 1930. Parallèlement, elle obtint le diplôme d’ingénieur commercial de la faculté de Nancy en 1927. Elle devint professeur adjoint d’enseignement commercial à l’école pratique de commerce et d’industrie de jeunes filles à Forbach, où elle enseigna aussi les sciences naturelles et fut titularisée comme professeur en 1931.
Marie Laroche fut une des animatrices de l’« Entente des jeunes professeurs du second degré » de la région de l’Est, réunissant des syndiqué(e)s des trois syndicats de l’enseignement technique, des écoles primaires supérieures et des collèges. Elle fut nommée en 1938 directrice déléguée de l’EPS de filles de Forbach. Elle militait également dans la Ligue de l’enseignement et les œuvres laïques du département.
Au début de la guerre, l’EPS de filles de Forbach fut repliée à Cognac (Charente) puis à Bar-sur-Seine. Elle fut fermée au début de l’année 1941-1942 à la suite de la transformation des EPS en collèges modernes, et Marie Laroche fut mise à la retraite en avril 1942.
De son côté, son mari, directeur de l’école primaire de garçons de Forbach puis du cours complémentaire, mobilisé comme lieutenant au début de la guerre, avait été fait prisonnier. En dépit de cette situation, il fut considéré comme démissionnaire d’office en raison de ses responsabilités dans la Franc-maçonnerie.
Marie Laroche refusa sa mise à la retraite et son arrêté de mise à la retraite fut annulé, le 28 juin 1944. À la Libération, elle fut nommée, en novembre 1944, directrice du collège moderne et technique de jeunes filles de Forbach.
Elle se retrouva alors trésorière de la mutuelle maladie-décès du Syndicat national des collèges modernes et resta membre de sa CA nationale de 1945 à 1948. Elle était en même temps secrétaire de la section départementale de la Moselle 31 syndiqué(e)s votèrent en totalité pour l’autonomie lors du référendum sur l’affiliation de 1948. Elle dut ensuite adhérer au syndicat des personnels de direction de la FEN puisque le nouveau Syndicat national de l’enseignement secondaire (classique et moderne), né de la fusion du SNES et du SNCM, ne syndiquait pas ces personnels.
Militante des organisations laïques, elle fut l’objet, en 1953, d’une plainte de la section CFTC des centres d’apprentissage à propos de l’utilisation des fonds Barangé. Elle réagit vivement contre l’attitude du Syndicat général de l’Éducation nationale qui, selon elle, s’en prenait surtout à son engagement laïque.
Elle prit sa retraite en 1957 et décéda en 1969 à Bar sur Aube et fut enterré à côté de son mari ( décédé en 1961) dans un terrain privé .
Extrait de l’article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article136884, notice LAROCHE Marie, Marguerite née SARDIN. par Alain Dalançon, Jacques Girault

 

dimanche 3 février 2019

Jean Haremza, Sainte-Savine 1925, Blois 2008, enseignant, syndicaliste


Extrait du  "Maitron", ouvrage de référence pour tous les personnages dignes d'intérêt pour leur engagement dans la vie sociale, syndicale ou politique et qui nous a fourni ce texte détaillé de sa biographie: 



HAREMZA Jean, Sigismond

Né le 1er mars 1925 à Sainte-Savine (Aube), mort le 20 mai 2008 à Blois
(Loir-et-Cher) ; professeur puis directeur d’école normale d’instituteurs ;
militant syndicaliste et associatif, membre du bureau national, secrétaire
de la commission pédagogique, secrétaire général adjoint du Syndicat
national des professeurs d’école normale ; militant de France-Pologne et de
France-Tchécoslovaquie.
Jean Haremza était l’un des trois fils d’une famille d’immigrés polonais qui
s’installèrent au milieu des années 1920 dans des baraquements, à
Sainte-Savine, commune industrielle limitrophe de Troyes. Son père,
Sigismond, né en 1897, avait combattu les Russes bolcheviks et avait trouvé
un emploi à la bonneterie Gillier où il travailla jusque dans les années
1960. Sa mère, Françoise Paszynka, née en 1901 en Ukraine, mourut à l’âge de
102 ans. Élevé dans une famille respectueuse de la tradition catholique mais
non pratiquante, Jean Haremza, dès l’âge de quatre ans, savait lire et
écrire le polonais que sa mère lui avait appris dans son livre de messe.
C’est donc à l’école maternelle puis à l’école élémentaire Jules Ferry de sa
commune, accueillant une population composée pour une bonne moitié
d’immigrés (Polonais, Italiens, Espagnols, Portugais, Belges…) qu’il apprit
le français. Ce bilinguisme lui servit beaucoup par la suite et d’abord, dès
son adolescence, pour aider les nombreux immigrés polonais à remplir leurs
papiers. Durant toute sa vie, il conserva des liens avec le pays d’origine
de sa famille, sa langue et sa culture. Durant son enfance, il fit à
plusieurs reprises le voyage en Pologne ; plus tard, il eut l’occasion d’y
retourner souvent notamment dans le cadre de ses activités à France-Pologne.
Jean Haremza estimait devoir beaucoup au directeur de son école, Camille
Guinot, qui l’encouragea à poursuivre sa scolarité après le certificat
d’études primaires. Au lieu d’aller travailler en 1937 à l’usine de
bonneterie où il avait été pré-embauché dans la comptabilité, il entra au
cours complémentaire et, sa famille ayant été naturalisée en mars 1939, il
devint élève-maître en 1941 au lycée de Troyes, les écoles normales
d’instituteurs ayant été supprimées par l’État français de Vichy. Mais, en
1943, il perdit sa qualité d’élève-maître car non Français « de souche » ;
il obtint néanmoins la première partie du baccalauréat. L’évêque de Troyes,
Mgr Le Couëdic, lui offrit alors un poste d’enseignant polyvalent dans une
institution privée ; cependant, grâce à une souscription du Syndicat
national des instituteurs clandestin, il put entrer, après la rentrée
scolaire, en classe terminale de philosophie, alors qu’il aurait voulu faire
mathématiques élémentaires, et obtenir le baccalauréat. À cette époque, il
rencontra Lucienne (dite Lilette) Malterre, fille d’institutrice, qu’il
épousa civilement à Sainte-Savine, le 28 décembre 1948, et avec laquelle il
eut une fille, Isabelle, et un fils, Sylvain.
En décembre 1944, Jean Haremza, ayant retrouvé sa qualité de boursier, entra
au collège Chaptal de Paris, pour préparer le concours d’entrée à l’École
normale supérieure de Saint-Cloud, qu’il intégra en 1947 dans la section
lettres. Avec Lilette, qui avait intégré l’ENS de Fontenay-aux-Roses une
année plus tôt, il effectua un stage d’un an dans la zone d’occupation
française en Allemagne, à Fribourg-en-Brisgau. A la fin de sa scolarité, ne
pouvant préparer l’agrégation de lettres modernes qui n’existait pas encore,
il commença à préparer une thèse sur Mickiewisz en France avec Charles
Dédeyan.
En 1951, à sa sortie de l’ENS, Jean Haremza fut nommé professeur de lettres
au lycée d’Hénin-Liétard (Nord) puis, peu de temps après, à l’École normale
d’instituteurs de Douai, où avait exercé son épouse, ville où ils allaient
rester en poste durant 20 ans. Ces deux décennies de professorat furent
interrompues l’espace d’une année, en 1955, quand Jean retourna à l’ENS pour
préparer le concours d’inspecteur primaire et/ou de directeur d’EN.
Dès le début de son activité professionnelle, Jean Haremza milita au
Syndicat national des professeurs d’écoles normales. En 1952, il devint
secrétaire de la section de l’EN de Douai puis secrétaire adjoint de la
section départementale du Nord et fut élu au bureau national en 1958, au
congrès de Clermont-Ferrand, parmi les trois militants (sur 15) qui étaient
proches de l’orientation « Bouches-du-Rhône » à la FEN. En 1964, il devint
membre de la section permanente du BN, trésorier adjoint, en tant que tête
de la liste « Pour la reconstitution de l’Unité syndicale ». En 1967, il fut
élu secrétaire adjoint de la commission pédagogique ; en novembre 1968, il
fut réélu au BN comme tête de la liste « Unité et Action » et en avril 1969,
lors de la réorganisation du BN, suite à la mise en minorité du rapport
d’activité de la direction, il devint secrétaire général adjoint, secrétaire
de la commission pédagogique, au côté de Jean Rojat (autonome), élu
secrétaire général, succédant à Henri Rogniaux. Il siégeait également durant
cette période comme membre suppléant à la commission administrative fédérale
au titre de la section départementale du Nord et était commissaire paritaire
national des certifiés, élu en 1965. En mai-juin 1970, Jean Haremza,
partisan de l’union syndicale, était second de la liste « Union pour un
programme commun » représentant la majorité du BN, conduite par Rojat, liste
qui fut majoritaire (53,6 %), entraînant un changement décisif
d’orientation, à l’époque où d’autres syndicats nationaux de la FEN venaient
de connaître la même évolution : après le SNES en 1967, le SNEP, le SNESup,
le SNCS. À la rentrée 1970, Jean Haremza fut cofondateur, membre de la SARL
de la revue Unité et Action. Après le congrès de Troyes de 1971, il n’était
plus que membre du BN du SNPEN mais se félicitait dans la revue U&A des
progrès de la nouvelle direction unitaire, Jean Tanguy (U&A) étant devenu
secrétaire général. À la rentrée 1971, il n’apparaissait plus dans
l’organigramme du SNPEN ; il avait en effet été nommé directeur de l’EN de
Blois sur l’insistance de Jean Deygout, directeur des personnels au
ministère, qu’il avait connu à l’ENS de Saint-Cloud (promotion 1949).
Directeur des deux EN de garçons et de filles du Loir-et-Cher jusqu’à sa
retraite prise en 1990, il milita alors au Syndicat national des directeurs
d’EN dont il devint membre du bureau.
Selon Jean Haremza, le combat du SNPEN permit des avancées significatives
après 1968 dans le domaine de l’élévation et l’amélioration de la formation
des instituteurs et institutrices et de celle de leurs formateurs et
formatrices. Ainsi une audience du SNPEN (Rojat et Haremza) d’Edgar Faure en
pleine nuit, le 6 mai 1969, déboucha sur la décision de ne plus préparer le
baccalauréat dans les EN et d’en faire de véritables centres de formation
des maîtres, préparant les futurs instituteurs en deux années après le
baccalauréat obtenu en lycée. Cette avancée dans le domaine de la formation
initiale fut complétée par la mise en place de la formation continue des
instituteurs titulaires et celle accélérée des instituteurs remplaçants.
Jean Haremza estimait cependant, en 1971, que les deux années de formation
après le baccalauréat étaient insuffisantes et qu’il fallait y ajouter dans
un premier temps une troisième année, permettant un accord avec le SNI, dont
la revendication avait évolué. Mais pour l’élévation du niveau scientifique
et pédagogique, pour la participation directe de l’enseignement supérieur à
la formation des instituteurs, pour la réduction de la polyvalence, le SNPEN
avait trouvé des alliés dans les trois syndicats (SNES, SNEP, SNESup) avec
lesquels il avait organisé en février 1971 des Assises nationales sur la
formation des maîtres, préparées par des réunions décentralisées, à partir
d’une analyse critique du projet d’instituts de formation de maîtres du
ministre Olivier Guichard et d’objectifs communs, publiés dans le bulletin
de janvier du SNPEN, Former des maîtres. Cette alliance allait se poursuivre
et déboucher en 1973 sur une plate-forme commune plus précise et la
publication d’une brochure Former des maîtres pour notre temps.
Le SNPEN obtint également d’Olivier Guichard en janvier 1970 une
modification essentielle de la nature du service des professeurs d’EN,
tenant compte du caractère particulier de leur travail : 6 heures
forfaitaires décomptées dans leur service hebdomadaire pour leurs
interventions sur le terrain. Le ministre implanta aussi à la demande
pressante du SNPEN une EN dans chaque nouveau département de la région
parisienne.
Devenu directeur d’EN, Jean Haremza continua de s’impliquer activement dans
l’amélioration de la formation académique et professionnelle des
instituteurs et de leurs formateurs, ce qui constitua le combat de sa vie.
Il multiplia les expériences sur le terrain. Il chercha à développer la
rencontre d’étudiants étrangers, en leur rendant visite (notamment au Maroc
avec l’Inspecteur général Marcel Rouchette, auteur d’un plan de rénovation
de l’enseignement du français) et en les accueillant dans son école
(Marocains, Japonais, Singapouriens, Suédois, Américains de Dartmouth
college, Luxembourgeois…). Dans le même esprit, il ouvrit en 1977 son école
à la création du Centre départemental universitaire pour le troisième âge du
Loir-et-Cher, devenu Université du temps libre. Dans les années 1980, il
favorisa la création de la Classe patrimoine Blois-Chambord, en lien avec la
Caisse des Monuments historiques, pour construire une maquette modulaire du
château destinée aux malvoyants. Il estimait à la fin de sa carrière que le
bilan des écoles normales était largement positif et que Lionel Jospin avait
cassé le mouvement en les supprimant et en créant les Instituts
universitaires de formation des maîtres. Quand le SNUDEN se transforma en
Syndicat national des directeurs des Instituts de formation des maîtres, il
en demeura membre du BN, puis il siégea à celui du Syndicat national des
inspecteurs pédagogiques régionaux et des inspecteurs d’académie, créé en
1993 et s’occupa des retraités.
Parallèlement, Jean Haremza, ayant fait partie d’un mouvement politique de
la Nouvelle gauche luttant contre la guerre d’Algérie, avait adhéré comme
son épouse, au Parti communiste français en 1957. Il participa à Douai à la
rédaction d’un journal Le Point avec d’autres enseignants communistes. Il
milita à l’association France-Pologne durant une quarantaine d’années à
partir du début des années 1960. Il y était entré via l’Association
Oder-Neisse, auprès de Georges Castellan, et adhéra à France-République
démocratique allemande dont ce dernier fut président. En juillet 1962, il
accompagna une cinquantaine de mineurs silicosés invités dans une maison
syndicale de Szczawnica près de Zakopane. À la demande de Luce Langevin, il
représenta l’Université française à l’inauguration du lycée
Marie-Curie-Slodowska à Gdansk à la Toussaint 1967. Dans cette association
créée par Joliot-Curie à la Libération, où se retrouvaient des personnalités
politiques très diverses, allant de Maurice Schumann et Gaston Palewski aux
dirigeants communistes, en passant par Léo Hamon, Michel Crépeau ou Edgar
Faure, il participa à tous les congrès nationaux et rédigea souvent les
motions finales devant tenir compte de toutes les sensibilités. Président
délégué adjoint au côté de Maurice Bouvier-Adam, il organisa le congrès en
1983 au château de Blois. Dans les années 1960, Jean Haremza milita
également à France-Tchécoslovaquie, association à laquelle son épouse avait
été la première à adhérer. Il accompagna essentiellement des voyages
touristiques. Militant par ailleurs dans le Mouvement de la Paix, il
participa en 1977 à Varsovie au Congrès international des constructeurs de
la Paix.
Sa retraite prise, Jean Haremza ayant quitté le PCF dans les années 1980,
s’impliquait dans diverses associations, était membre fondateur de
l’Association pour le patrimoine culturel et sa pédagogie, militait au
Centre intercommunal d’action sociale, appartenait au comité de rédaction de
A tou tâge et au Comité des sages de Blois pour réfléchir au projet de «
Blois-2020 ». Adhérent de l’Association des élèves et anciens élèves des ENS
Fontenay-aux-roses et Saint-Cloud puis Lyon, il en fut un membre très actif,
élu du bureau, vice-président puis président d’honneur, et il animait encore
avec son épouse la Régionale Centre quand survint brutalement son décès.
Outre des récits autobiographiques, le bulletin de l’association publia de
nombreux témoignages d’amitié et de sympathie d’anciens élèves et collègues
en hommage à cette forte personnalité, humaniste et pédagogue engagé.

SOURCES : Arch. IRHSES. — Récits autobiographiques de l’intéressé et
témoignages in Bulletin de l’Association des élèves et anciens élèves des
ENS de Lyon, Fontenay-aux-Roses et Saint-Cloud, 2008/2. — Sites Internet. —
Notes de Jacques Girault et Robert Prosperini. — Renseignements fournis par
son épouse.

Alain Dalançon

samedi 8 novembre 2014

Emile Clévy 1867-1940 , socialiste, militant ouvrier, maire de Troyes 1919-1929



Modeste sépulture d'un ancien maire de Troyes de 1919 à 1929,
Emile CLEVY  1867-1940




A son ami regretté
Emile Clévy
le Parti Socialiste
reconnaissant


CLÉVY Émile, Charles
Né à Ruvigny (Aube), le 19 septembre 1867 ; mort à Troyes (Aube), le 14 avril 1940 ; ouvrier bonnetier ; militant et maire socialiste.
Venu jeune à Troyes travailler dans la bonneterie, Émile Clévy se donna tout de suite à l’action ouvrière. Adhérent du syndicat de sa profession, il y joua un rôle si actif qu’il le représenta parfois aux congrès de la Fédération nationale du Textile. Il fut aussi délégué à deux reprises à des congrès nationaux corporatifs, au XVe — 9e de la CGT — Amiens, octobre 1906, et au XVIe, Marseille, octobre 1908.



En 1912 et en 1913, Clévy participa à de nombreux rassemblements contre le danger de guerre. Le 18 novembre 1912, à la Bourse du Travail de Troyes, il fit un tableau des horreurs inévitables des champs de bataille et engagea les ouvriers à s’opposer à tout conflit. La veille, à Bar-sur-Aube, il menaça la bourgeoisie, rendue responsable de la guerre éventuelle, du soulèvement du peuple en armes. Il reprit cette idée à Troyes le 17 décembre. Le 18 mars 1913, à Troyes, il fit le procès de la loi de trois ans, assurant que le crédit de 500 millions de francs affecté à la guerre « sert à protéger la bourgeoisie contre le prolétariat plutôt qu’il n’assure la défense nationale ».

Socialiste, syndicaliste, Clévy fut aussi un militant de la coopération. Jusqu’en 1919, il fut directeur de « La Laborieuse » et ensuite il appartint au conseil d’administration des coopérateurs de Champagne adhérant à la FNCC.

Clévy fut à maintes reprises le candidat de la Fédération socialiste de l’Aube au cours de campagnes électorales menées longtemps sans espoir de succès. S’il fut conseiller municipal de Sainte-Savine de 1896 à 1900, conseiller municipal de Troyes de 1912 à 1931, et maire de la ville de 1919 à 1929, il échoua toujours aux élections cantonales et législatives de Bar-sur-Aube en 1910.

En 1919, Émile Clévy était responsable à la propagande du Parti socialiste SFIO de l’Aube. Il se prononça dès avril 1919 pour l’adhésion à la IIIe Internationale.
En 1920, il présida le comité d’action pour un quotidien ouvrier, fut membre du premier conseil d’administration de l’imprimerie « L’Émancipatrice » et établit les statuts du quotidien La Dépêche de l’Aube au CA duquel il participait.

Dans son numéro du 14 avril 1923, le journal l’Aube Nouvelle, organe de la SFIO reconstituée, annonçait l’exclusion du PC d’Émile Clévy et de Louis Croisé. Le 19 avril la section troyenne de la SFIO, en présence de Paul Faure, votait à l’unanimité leur admission au Parti.. Clévy se définissait comme n’ayant « jamais été dans sa vie militante un extrémiste de droite ou de gauche... je suis et reste un marxiste malgré tout et malgré tous... un élu ouvrier qui a pour tâche de défendre la classe ouvrière ».
En 1925, Clévy dirigea, allié aux radicaux, la liste du Cartel des gauches qui fut élue au second tour. Mais Clévy n’avait personnellement obtenu que 5 134 voix soit le plus faible score de la liste. Il fut néanmoins réélu maire de Troyes.

il lui arriva de se retrouver quelque temps aux côtés du PC dans l’action commune, ainsi contre les Jeunesses patriotes de Taittinger en mai 1926.
Mais son influence baissait : aux élections municipales de 1929 sa liste n’obtint que 3 107 à 3 300 voix, lui-même étant le dernier. Entre les deux tours les radicaux l’abandonnèrent pour s’allier à la droite.


En février 1934, il participa aux manifestations antifascistes et retrouva Plard dans un comité d’action contre le fascisme qui organisa un meeting le 8 février.

Il était alors membre réélu aux divers congrès de la CE du Parti socialiste. Mais aux élections municipales de 1935, il ne fut pas candidat sur la liste de Plard bien que son parti y figurât. Dans un communiqué paru le 11 mai le PS lui reprocha d’agir « contrairement à l’intérêt du Parti, contrairement aux possibilités d’unité du prolétariat ».

Il fut encore candidat socialiste aux cantonales d’octobre 1937, où il obtint 1 481 voix mais fut battu au second tour par Armbruster, et aux sénatoriales d’octobre 1938.

É. Clévy mourut pendant la guerre le 14 avril 1940.


: É. Clévy a collaboré au Socialiste, premier et éphémère organe troyen du POF, à La Défense des Travailleurs qui prit la relève et dont il fut un moment le rédacteur en chef. En 1920, il collabora à La Dépêche de l’Aube.


Extraits de :http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article106064
, notice CLÉVY Émile, Charles , version mise en ligne le 4 novembre 2010 

voir post Villa Jules Guesdes.