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jeudi 9 septembre 2021

Paul Verneyras, ouvrier bonnetier, député


 

 


Paul Georges VERNEYRAS

 

Né le 19 mai 1898 à Troyes (Aube), mort le 19 mai 1996 à Mathaux (Aube) ; commis du textile ; secrétaire de la Fédération des syndicats professionnels chrétiens de Champagne ; dirigeant de la CFTC ; résistant ; député MRP (1945-1951).

Fils d’un gardien de la paix agnostique et d’une brodeuse qui devint croyante sous l’influence de son fils, Paul Verneyras fut, dès l’âge de quatorze ans, commis dans une entreprise de bonneterie où la répartition sociale était particulièrement tranchée : d’un côté l’aristocratie de la maille, de l’autre tout le reste, c’est-à-dire tout le prolétariat exploité. Le jeune commis en faisait partie. Il fréquenta cependant les patronages catholiques comme ses amis d’école. Vers 1913-1914 des Jésuites de l’Action populaire, venus de Reims, s’efforcèrent de secouer un peu la léthargie spirituelle de ce milieu populaire, ce qui ne laissa pas indifférent le jeune Verneyras.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Paul Verneyras fut particulièrement sensible au développement des luttes et aux conseils des pères Jésuites avec lesquels il avait conservé des relations. Aussi s’efforça-t-il de lutter, sans perdre pour cela tout lien avec l’Église. Il milita d’abord à la CGT comme beaucoup de futurs dirigeants des syndicats chrétiens originaires du milieu ouvrier mais quitta cette organisation dès 1919 parce qu’il considérait qu’elle était traversée par des courants trop politiques, trop idéologiques et, surtout, parce qu’il y décelait une attitude profondément antichrétienne.

Après cette rupture, Paul Verneyras connut une véritable carrière de dirigeant syndicaliste chrétien. Il fonda le syndicat des employés puis celui des ouvriers de la bonneterie. Il fut secrétaire de l’Union départementale de l’Aube puis président de l’Union régionale de Champagne, enfin membre du Conseil national de la CFTC à partir de 1929 puis membre du bureau confédéral. Dirigeant du syndicat chrétien du Textile de Troyes, il participa activement au comité d’action du textile constitué en 1927 par Marcel Cuny* (pour la CGTU), Driffort* (pour la CGT) et lui-même pour les chrétiens. Cette action commune contre les baisses de salaires annoncées se poursuivit en 1928 et 1929 et un accord fut finalement signé avec les employeurs. En 1936, Verneyras signa les accords avec le patronat au nom de la CFTC.

Paul Verneyras était, en 1939, l’un des leaders de la CFTC. Il avait été délégué au Ier congrès de la CFTC (1920) et le fut de nouveau aux IIe et au IIIe. Il était très lié à Gaston Tessier*.

Son action dans la Résistance lui valut après la guerre d’être parlementaire et d’occuper des fonctions de responsabilité dans la presse. Il fut délégué de Libération-Nord à l’Assemblée consultative provisoire en 1944-1945 dont il démissionna en juillet, conseiller municipal MRP du 6e secteur de Paris en 1945-1947. Paul Verneyras était alors commerçant. Il représenta le 3e secteur de la Seine à la première Assemblée constituante (1945-1946), puis à l’Assemblée nationale de 1946 à 1951. Il quitta le MRP en 1951 et siégea comme non-inscrit. Il était le troisième élu de la liste de Marc Sangnier.

Il avait épousé le 18 avril 1922 à Troyes Marie Cinier.

 

extrait du Maitron, par Michel Launay

 

mardi 22 décembre 2020

Reconstruction du pont Célestin Philbois, qui était C. Philbois ?


   Nouveau pont Célestin Philbois

 

Né le 16 juin 1864 à Bossancourt (Aube) ; mort le 6 mars 1929 à Troyes. Ouvrier bonnetier, puis employé de commerce, militant socialiste de la Fédération de l’Aube puis communiste; 

député (1914-1924).

 

Qui était Célestin Philbois ? Réponse dans le Maitron

 

mercredi 7 août 2019

Revue de presse, février 1887 élection législative dans l'Aube

  Le 1er février 1887 le journal politique quotidien "La Lanterne" s'intéresse à une élection partielle dans l'Aube pour désigner le successeur du marquis de Roys. Il publie la composition du comité de soutien départemental présidé par M. Pinel, maire de Bar sur Seine, assisté de deux secrétaires Gaston Arbouin, directeur politique du "Petit Troyen" et Edmond Grandemange, conseiller municipal de Troyes. Les trésoriers étant MM. Chéreau et Conry.
Le 26 février 1887, le quotidien national "La Justice" dirigé par Georges Clémenceau salue la victoire de M. Charonnat et publie une déclaration du vainqueur de l'élection accompagnée d'un commentaire de son comité de soutien.

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 Jean Baptiste Jules Charonnat, né à Maizières la Grande Paroisse en 1834, décédé à Paris en 1911.
Maire de Trainel, notaire, il fut député de l'Aube de 1887 à 1889 puis de 1893 à  1910.
Il siégea et vota avec le groupe de la gauche radicale.
 

vendredi 29 mars 2019

Pharmacie Perrot-Prailly, rue Nodre Dame à Troyes






Facture 30 mars 1814 du pharmacien troyen Perrot-Prailly, rue Notre-Dame
pour l'ancien député  Antoine Edmé de la Huproye, né à Troyes en 1765, décédé à Charmont sur Barbuise en 1839.






Louis Jean Baptiste Christophe Perrot (dit Perrot-Prailly)

Né le 7 janvier 1779 à Nangis Seine-et-Marne, fils de Jean-Baptiste Perrot et Marie-Thérèse Champenois.
Commissionné pharmacien de l’Armée du Rhin le 8 Prairial an 7, licencié le 14 Floréal an 9.
Pharmacien à Troyes, chef de l’opposition libérale sur Troyes
Elu colonel de la Garde nationale de Troyes le 27 août 1830
Membre du conseil municipal de Troyes le 29 octobre 1830
Chevalier de la Légion d’Honneur le 6 avril 1831
Décédé le 27 juillet 1838 à Troyes
Ses obsèques furent accompagnées de manifestations au cours desquelles la Marseillaise fut jouée par la musique autour de sa sépulture puis chantée au retour du cortège.
  




Profil de Louis Jean Baptiste Christophe Perrot
par François-Augustin Caunois 1787-1859

vendredi 21 avril 2017

Général Saussier Félix-Gustave, Troyes 1828, Luzarches 1905




 Portraits du général Félix-Gustave Saussier, né à Troyes le 16 janvier 1828, décédé le 18 décembre 1905 à Luzarches. Inhumé le 23 décembre 1905 à Troyes.
Elève du lycée de Troyes où il avait pour ami  Henry,l'un des fils de l'inventeur Julien Joseph Jacquin. Il entra à l'école militaire de Saint Cyr en décembre 1848 et fit une brillante carrière militaire ( retracée dans le Dictionnaire des célébrités auboises, publié en 2016).
Elu député de l'Aube en novembre 1873, il participa à la consolidation de la Troisième république et ultérieurement s'opposa au général Boulanger.
Il avait deux frères, Victor Saussier, agriculteur à Viapres le petit et Louis Saussier, industriel sur Troyes, vénérable de la loge L'Union fraternelle qui s'opposa à Napoléon III lorsqu'il imposa son candidat à la tête du Grand Orient de France. Sa soeur Elise Saussier était l'épouse de Gabriel-Isidore Grisier, ami également de la famille Jacquin.
La famille Grisier-Saussier acheta en 1852 un manoir à Bures sur Yvette, le Château de la Vierge, dans lequel le général Saussier avait sa propre chambre, que l'on peut encore voir, appelée "la chambre du général".

jeudi 23 mars 2017

Les grands travaux de Troyes en 1860 Désiré Argence





Désiré Argence 1814-1889.
Ancien élève du lycée de Troyes. Député de l'Aube, maire de Troyes, conseiller général.
Franc-maçon, vénérable maître de la loge "L'Union fraternelle" de Troyes.
Après avoir fréquenté les milieux libéraux voire républicains de l'Aube sous la Restauration, il se rallie à l'Empire de Napoléon III.
Il est à l'origine de grands travaux d'aménagement dans Troyes. Ces travaux seront salués par ses anciens amis restés républicains Millard, Habert, Cottet ... qui lui reconnaissent ces réussites en dépit de sa "trahison" politique.

"Ce sont les jardins de ceux qui ne peuvent en posséder; ils leur offrent le plaisir de la promenade, dans un lieu toujours accessible, où l'ouvrier vient se reposer au milieu des fleurs et d'une riante verdure, des fatigues de son travail."

mercredi 21 septembre 2016

Médaillon du colonel Driant de Neufchâtel à Troyes.

  Monument en l'honneur du colonel Driant (1855-1916) inauguré à Troyes en juin 2016, cent ans après sa disparition. Stèle placée devant l'ancienne caserne Beurnonville où il commanda le 1er bataillon de chasseurs à pied de 1899 à 1905 avant d'être sanctionné pour ne pas avoir respecté le devoir de réserve imposé aux militaires et manifesté publiquement son opposition à la séparation de l'Eglise et de l'Etat.
Militaire très brillant et unanimement reconnu, patriote, une forte personnalité.  Ecrivain engagé, homme politique de droite, gendre du général Boulanger. Une personnalité flamboyante et contrastée dont le patriotisme ne pouvait être mis en doute malgré sa virulence.

voir une de ses biographies



  Médaillon de Charles Mary sur le monument dans sa ville natale de Neufchâtel-sur-Aisne.

vendredi 2 octobre 2015

Pierre Nicolas Gerdy, médecin, député républicain de l'Aube 1797-1856

A la découverte des archives de Pierre Nicolas Gerdy (1797-1856)

Pierre Nicolas GerdyPlusieurs billets ont déjà présenté certains des fonds d’archives conservés par la bibliothèque de l’Académie de médecine. Nous avons davantage mis l’accent sur les archives d’institutions, notamment les archives émanant de l’activité de l’Académie de médecine. Mais la Bibliothèque recèle d’autres types d’archives, celles de médecins et de membres de l’Académie. Intéressons-nous aujourd’hui aux archives de Pierre Nicolas Gerdy (1797-1856).
C’est son père qui l’oriente vers des études de médecine en 1813 afin d’éviter à son fils la conscription et de le faire admettre dans le corps des officiers de santé militaires. Ses études sont plusieurs fois interrompues par les évènements politiques et par des problèmes de santé. Avant de devenir interne en 1828, Pierre Nicolas Gerdy s’illustre en tant que professeur, et ce dès 1817 : il donne de nombreux cours (publics et particuliers) d’anatomie et de physiologie, mais également d’hygiène, de clinique chirurgicale et de médecine opérative. Il met aussi à profit ces années pour étudier la philosophie médicale, la psychologie et l’histoire naturelle. Après son internat à la Pitié, il devient professeur de pathologie externe à la Faculté de médecine de Paris en 1833. Elu à l’Académie de médecine en 1837 dans la section de pathologie chirurgicale, il est placé à la tête du service chirurgical de l’hôpital de la Charité en 1838.
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Nerf trijumeau
Les archives de Pierre Nicolas Gerdy sont conservées dans deux bibliothèques, la Bibliothèque interuniversitaire de Santé et la Bibliothèque de l’Académie de médecine. Elles ont été données à cette dernière en 1879 par le médecin Paul Broca (1824-1880). Le fonds de la Bibliothèque de l’Académie est constitué principalement de notes manuscrites et de notes de lectures, présentant les recherches de Pierre Nicolas Gerdy en  physiologie, en phrénologie ainsi qu’en anatomie humaine et animale. Deux parties du fonds sont consacrées à sa vie étudiante (notes de cours et de lectures) et à sa vie professionnelle (correspondance, nomination au poste de doyen à la faculté de médecine, ébauche d’article, réflexions personnelle sur la condition humaine).
Le fonds a été inventorié et est ouvert à la consultation. L’inventaire du fonds est accessible sur la plate-forme Calames référençant les fonds d’archives et de manuscrits des bibliothèques de l’enseignement supérieur.

vendredi 3 avril 2015

Jean-Louis Delaporte 1796-1870 pharmacien, député, philantrope troyen





Jean-Louis DELAPORTE
Homme politique, érudit, philanthrope

Troyes 28 novembre 1796, Montier-en-Der 29 octobre 1870
Fils d’un apothicaire, il  est pharmacien rue Notre-Dame à Troyes jusqu’en 1834. Très proche de son cousin germain  François-Joseph Audiffred, il laisse le souvenir d’un célibataire, bourgeois aisé et généreux. Esprit de caractère indépendant, catholique progressiste, dévoué au bien général. Philanthrope, humaniste, homme des lumières, il étudie de multiples sujets : lutte contre la pauvreté, agriculture, médecine, éducation populaire, économie, statistique. Il participe à  de nombreux  comités et associations pour concrétiser ses engagements : Comité de propagation de l’enseignement mutuel, conseils de salubrité publique, création des salles d’asile et des cours d’adultes…
 Membre actif de la société académique de l’Aube de 1820 à 1850,  il y  présente de nombreuses communications. Conseiller municipal de Troyes, conseiller général, libéral puis républicain modéré, il est élu député en 1848, ses votes témoignent de sa liberté de pensée et le rendent inclassable : il vote pour les poursuites contre Louis Blanc, contre l’abolition de la peine de mort, contre le droit au travail, mais  est contre l’interdiction des clubs, pour la mise en liberté des transportés. Il soutient la candidature du général Cavaignac et s’oppose au Président de la République, futur Napoléon III dont il demande la mise en examen. Contesté également par la gauche radicale pour son soutien à la répression ouvrière en juin 1848, il quitte la vie politique en 1849, et partage sa vie entre Montier-en-Der et Paris. Il lègue à Troyes 4 000 francs pour récompenser des travaux contribuant à améliorer la situation de la population ouvrière et il donne à Montier en Der sa bibliothèque encyclopédique.
Ces deux villes honoreront sa mémoire, en attribuant son nom à une rue.

Jean-Louis DELAPORTE
Politician, scholar, philanthropist
Troyes November 28, 1796, Montier-en-Der October 29, 1870
Son of an apothecary, he is a pharmacist Notre Dame in Troyes until 1834. Very close to his cousin Francois Joseph Audiffred, he leaves the memory of a bachelor, wealthy and generous bourgeois. Spirit of independence, progressive Catholic, devoted to the general good. Philanthropist, humanist, man of enlightenment, he studied many subjects: the fight against poverty, agriculture, medicine, popular education, economics, statistics. He participated in numerous committees and associations to implement its commitments :  propagation Committee peer education, public health advice, creation of asylum facilities and courses for adults ...
 Active member of the aSociété académique de l'Aube from 1820 to 1850, he presents many communications. Councilman Troyes, general counsel, liberal and moderate Republican, he was elected in 1848, his votes reflect his freedom of thought and make him unclassifiable: he votes for prosecution against Louis Blanc, against the abolition of capital punishment death, against the right to work, but he  is against the ban on clubs and in favor of the release of "transported"  people. IHe supports the candidacy of General Cavaignac and opposes the President of the Republic, the future Napoleon III which he calls for the examination. Also challenged by the radical left for his support of the labor repression in June 1848, he left politics in 1849, and divides his time between Montier-en-Der and Paris. He bequeathed to Troyes 4000 francs to reward work helping to improve the situation of the working population and it gives Montier en Der his encyclopedic library.
Both cities will honor his memory by giving his name to a street.

mardi 15 avril 2014

L'atelier de menuiserie de Stanislas BALTET - rue de la Corne de Cerf




Stanislas BALTET 1832-1918, cousin des pépiniéristes Charles et Etienne BALTET a été successivement ouvrier menuisier puis patron menuisier, il habitait 77 rue du Bois ( devenue rue Thiers puis Charles de Gaulle) et avait son atelier de menuiserie rue de la Corne de Cerf. Il cédera son atelier après son élection à la Chambre des députés aux menuisiers Carchon et Hervy.
On peut voir encore actuellement les restes d'une enseigne peinte sur le mur par l'un des successeurs de Stanislas BALTET.
Curieusement, l'atelier du républicain, libre-penseur, partisan des enterrements civils dans les années 1870, est devenu   l'atelier de menuiserie d'une école privée catholique, l'école Saint-Joseph dans les années 1920.
Devenu le réfectoire de l'école Saint-Bernard.
L'une de ses filles, Marthe BALTET sera recensée en 1931 au 77, rue Thiers.

dimanche 19 janvier 2014

Léon Fréminet, 1843-1895, avocat, député, président du conseil général de l'Aube

 Explication sur son état-civil
Henri Etienne Jean-Baptiste Fréminet dit Léon Fréminet

Courte autobiographie rédigée en janvier 1895 pour l'obtention de la Légion d'Honneur quelques mois avant son décès le 23 mai 1895

Biographie


 


samedi 11 janvier 2014

Stanislas Baltet, 1832-1918, le mal aimé

  
Une des rares biographies consacrées au premier maire de gauche élu à Troyes en 1881, Stanislas Baltet, cousin des pépiniéristes Charles et Ernest qui décrit avec nuance son comportement au cours de son second mandat de député.
  • Titre : Dictionnaire de biographie française, tome 5 (notices de BALTAZAR à BERGERET)
  • Auteurs : M. Prévost, et Roman d'Amat
  • Langue : Français
  • Éditeur : Letouzey et Ané
  • Lieu : Paris
  • Publication : 1951
  • Pages : 764







jeudi 11 avril 2013

Henri Etienne dit Léon FREMINET, avocat, député de l'Aube 1843-1895




Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1876 à 1881, né à Troyes (Aube) le 7 novembre 1843, il fit à Paris ses études de droit, fut reçu docteur, et s'inscrivit au barreau. Secrétaire de Mc Durier, il quitta Paris vers la fin de l'Empire pour aller habiter sa ville natale, où plusieurs causes importantes mirent son nom en relief.

La révolution du 4 Septembre le fit secrétaire général de la préfecture de l'Aube. M. Fréminet prit part à la campagne de l'Est dans les rangs des mobilisés de ce département, devint conseiller municipal de Troyes et conseiller général de l'Aube, et se présenta aux élections législatives du 20 février 1876, avec une profession de foi où il s'exprimait ainsi :

« Je ne suis pas un converti à la République, sa cause est la mienne depuis que j'ai commencé à raisonner. Dans une Assemblée, ma place serait parmi les républicains de principe. J'appartiens au jeune parti républicain, qui sait que rien ne se fonde par la violence ou la surprise, qui veut, ayant de réaliser une idée, avoir conquis pour elle l'adhésion des intelligences, et qui, pour les conquêtes successives, n'emploie que la persuasion, la science et la justice. »

M. Fréminet, élu député de l'arrondissement de Troyes par 12 613 voix (20 462 votants, 28 864 inscrits), contre 2 983 voix à M. Baltet, et 2 244 à M. de Colmont. siégea dans la majorité républicaine, parmi les modérés.

Il se prononça :
- contre l'amnistie pleine et entière ;
- pour la loi nouvelle sur la collation des grades par l'Etat ;
- pour l'ordre du jour du 4 mai 1877 sur les menées ultramontaines.

Il fut au nombre des 363 adversaires du gouvernement du Seize-Mai, et obtint sa réélection comme député de Troyes, le 14 octobre 1877, par 17 312 voix (25 452 votants, 28 279 inscrits), contre 7 942 voix à M. Droche, candidat officiel, conservateur-monarchiste.

À la Chambre nouvelle, il continua de siéger à gauche, se prononça contre le cabinet Rochebouët, pour le ministère Dufaure, pour l'invalidation de l'élection Blanqui, pour l'article 7 de la loi sur l'enseignement supérieur, etc., et s'associa aux principaux actes de la politique opportuniste.

Il ne se représenta point aux élections de 1881 ( qui virent l'élection de Stanislas BALTET) , et se fit inscrire au barreau de Paris.

Léon FREMINET fut le défenseur du Cercle Populaire et de Stanislas BALTET au cours du procès de 1873.

 

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dimanche 20 janvier 2013

Stanislas Baltet, un icarien maire et député de Troyes

 



Stanislas Baltet
1832-1918
Cousin de Charles Baltet, Stanislas Baltet, républicain, libre-penseur, franc-maçon, fut membre de la communauté icarienne de Troyes.

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

membre de la Chambre des députés, né à Troyes (Aube), le 25 novembre 1832, s'occupa de politique en même temps que d'industrie, devint directeur de l'Avenir républicain de Troyes, et fut élu conseiller général de l'Aube, puis député aux élections du 21 août 1881 dans la 2e circonscription de Troyes. Il obtint 5,894 voix sur 11,750 votants et 15,409 inscrits; son concurrent, M. Louis Saussier, frère du général, candidat centre gauche, en eut 4,591. Il siégea à l'Union républicaine, s'abstint lors du vote sur le suffrage universel applicable au Sénat, se prononça pour la séparation de l'Eg!ise et de l'Etat, pour la suppression de l'ambassade auprès du pape, pour l'expédition du Tonkin. Inscrit sur la liste républicaine opportuniste de l'Aube aux élections du 4 octobre 1885, il ne fut élu qu'au scrutin de ballottage, le 4e et dernier de la liste, par 39,468 voix sur 66,086 votants et 78,207 inscrits. M. Baltet a voté dans la dernière session : le 11 février 1889 pour le rétablissement du scrutin uninominal, le 14 février pour l'ajournement indéfini du projet de révision des lois constitutionnelles (chute du ministère Floquet); le 14 mars pour la demande en autorisation de poursuites contre trois députés membres de la Ligue des Patriotes; le 2 avril pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse; le 4 avril pour la demande en autorisation de poursuites contre le général Boulanger.

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 25 novembre 1832 à Troyes (Aube), mort à Saint - André - les - Vergers- (Aube) le 12 juin 1918.

Député de l'Aube de 1881 à 1889 (Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. 1 p. 147).

Il ne se représenta pas aux élections générales de 1889, reprit ses activités professionnelles, puis se retira à Saint-André-les-Vergers. (Aube) où il mourut, à 86 ans.
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jeudi 31 mai 2012

Gaston Arbouin et le Petit Troyen

 
 



M. Gaston, Eugène ARBOUIN

Né le 30/11/1849 à NOYERS-SUR-SERIN (YONNE - FRANCE)

Décédé le 25/02/1907 à TROYES (AUBE - FRANCE)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

03/03/1900 - 31/05/1902 : Aube - Radical-socialiste

11/05/1902 - 31/05/1906 : Aube - Radical-socialiste





Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (J.Joly)

Né à Noyers-sur-Serein (Yonne) le 30 novembre 1849, mort à Troyes (Aube) le 25 février 1907.

Député de l'Aube de 1900 à 1906.


Journaliste, Gaston Arbouin était directeur et propriétaire du Petit Troyen. Il fonda en province plusieurs journaux républicains, notamment Le Petit Champenois et Le Petit Briard. Il collabora en outre à La Marseillaise, au Réveil et au Citoyen de Paris.



Conseiller municipal de Troyes et conseiller général de l'Aube, il fut élu Député à l'élection partielle du 18 février 1900 au 2e tour de scrutin, en remplacement de M. Dutrex décédé le 28 novembre 1899 et qui laissait vacante la 2' circonscription de Troyes.



Inscrit au groupe radical-socialiste et membre de diverses Commissions, il n'eut pas l'occasion d'intervenir durant cette législature, mais déposa deux propositions de loi, l'une tendant à améliorer le canal de la Haute-Seine entre Troyes et Marcilly (1900), l'autre tendant à modifier le tarif des douanes en faveur des aiguilles façonnées et articulées pour métiers à tulle, dentelles et tricots (1901).



Réélu aux élections générales des 27 avril et 11 mai 1902, au 2' tour de scrutin, il ne manifesta aucune activité notable en séance publique au cours de cette législature mais siégeait à la Commission relative au monopole des inhumations, à la Commission de l'administration des cultes et de la décentralisation, à la Commission des postes et télégraphes, et à la Commission supérieure des caisses d'épargne.



Il fut battu aux élections générales de 1906 par M. Nicolas, socialiste, et se retira à Troyes où il mourut le 25 février 1907. Il avait été fait quelque temps auparavant Chevalier de la Légion d'Honneur.





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dimanche 15 avril 2012

Charles Dutreix 1848-1899 industriel, député, conseiller général, radical-socialiste

 
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buste de Charles Dutreix par Désiré Briden

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (J.Joly)
Né le 10 février 1848 à Bar-sur-Aube (Aube), mort le 28 novembre 1899 à Troyes (Aube).

Député de l'Aube de 1893 à 1899.

Charles Dutreix était manufacturier à Troyes, où il avait fondé une très importante fabrique de bonneterie. Il n'avait pas limité son activité à cette seule branche industrielle car il présidait aussi aux destinées d'une Société coopérative d'alimentation, était directeur de la Caisse d'épargne de Troyes et, depuis 1887, présidait une Société de secours mutuels dont les affiliés étaient nombreux. Il siégea en outre au Conseil des prud'hommes. Cette activité multiple dépeint tout l'homme et l'orientation générale de ses convictions. Si Charles Dutreix participa activement depuis 1887 à toutes les luttes électorales locales, il ne posa sa candidature à la Chambre des Députés, qu'aux élections générales législatives des 20 août et 3 septembre 1893, dans la deuxième circonscription de Troyes. En tête au premier tour de scrutin, avec 5.366 voix sur 11.621 votants, contre 4.619 au député sortant Rambourgt, il fut élu au scrutin de ballottage avec 6.425 suffrages contre 5.954 à Rambourgt, sur 12.529 votants. Au renouvellement de 1898, il fut réélu dès le premier tour de scrutin, le 8 mai, avec 6.505 voix sur 11.985 votants, contre 3.889 à Jacquinot et 1.381 à Corgeron.

Candidat radical - socialiste, il s'était présenté avec un programme très étudié, préconisant la souveraineté du peuple, la dénonciation du concordat et la suppression du budget des cultes, la création de l'impôt sur le capital et sur le revenu, l'établissement de Caisses de retraites pour les ouvriers urbains et ruraux, l'assistance publique, la nationalisation des chemins de fer et des mines.

A la Chambre, où il siégea avec les radicaux-socialistes, il fit partie de diverses Commissions spéciales, mais principalement de celle du travail (1894, 1898), dont il fut le vice-président en 1898, et de celle des économies administratives (1899).

Très intéressé par les questions ouvrières, son action au Parlement sera presque exclusivement orientée vers celles-ci dans un sens très social pour l'époque. Lors de son premier mandat il fut l'auteur, en 1894, d'une proposition de loi tendant a nommer une Commission de vingt-deux membres pour préparer un projet de loi tendant à substituer aux fêtes légales, des fêtes républicaines choisies parmi les dates les plus mémorables de la Révolution (le rapporteur nommé conclut au rejet) et d'une proposition de résolution concernant la dénonciation du concordat et la suppression du budget des cultes. La même année, mais pendant son second mandat que la mort abrégea si rapidement, outre une mesure d'intérêt local, reprenant une idée d'Edouard Vaillant, il déposa une proposition de loi tendant à créer un sous-secrétariat d'Etat au Travail au Ministère du Commerce, proposition encore prématurée puisque le premier Ministère du Travail vit le jour avec l'arrivée au pouvoir de Clemenceau, en octobre 1906 ; il fut aussi l'auteur d'une proposition tendant à réformer les Conseils de prud'hommes : jointe à une autre proposition il en rédigea le rapport ; la mort l'empêcha d'assister à la discussion de ces textes, que le Sénat ne renvoya à la Chambre que durant la législature de 1902-1906 et qui, en définitive, ne virent jamais le jour. Il avait déjà été, en 1896, le rapporteur, en tant que secrétaire-rapporteur de la Commission du travail, d'un premier projet et de diverses propositions précédemment adoptés par le Sénat, relatifs au Conseil de prud'hommes, mais qui ne parvinrent pas à aboutir à la Chambre. Il avait, de même, rapporté, sans succès, en 1897 la proposition d'Edouard Vaillant tendant à créer un Ministère du Travail, de l'Hygiène et de l'Assistance publique, proposition qu'il avait lui-même reprise l'année suivante et qui eut le même sort.

En matière budgétaire, ses interventions furent très nombreuses pour chaque exercice et toujours marquées par un esprit nettement axé vers la gauche. Il déposa souvent de nombreux amendements qui connurent des fortunes diverses. Il intervint régulièrement dans la discussion des budgets des exercices 1895 à 1899 à de nombreux titres : Affaires étrangères, Guerre, Marine, Commerce et Industrie, Intérieur, Colonies, Agriculture, Finances, demandant ici ou là une augmentation ou une diminution de crédit correspondant à l'orientation générale de son action vers l'équité et en faveur des faibles. Il prit la parole en 1893 à propos d'un projet de modification de la loi du 29 juillet 1881, dite loi Lisbonne, en 1894, sur le projet de loi, adopté par le Sénat, sur les Sociétés coopératives de production, crédit et consommation et les contrats de participation aux bénéfices, sur la proposition de loi de Marcel Sembat tendant à modifier la loi du 21 mars 1884 concernant la création des syndicats professionnels, et enfin à propos du projet de loi ouvrant un crédit de 65 millions de francs pour mener à bien l'expédition de Madagascar ; cette dernière intervention fut assez orageuse : il s'y montrait « adversaire résolu de toute expédition coloniale nouvelle, mais partisan d'une organisation rationnelle dans les colonies que nous possédons » ; il y demandait avec insistance que l'on « colonise » pour le plus grand bien de l'extension du commerce extérieur français ; cette opinion fut fraîchement accueillie. L'année suivante, en 1895, il prit la parole à propos de la réforme de l'impôt des. boissons et de la modification de la loi du 15 juillet 1889 sur le recrutement de l'armée ; en 1896 il se fit entendre sur la proposition de loi Audiffred sur les Sociétés de secours mutuel, ainsi qu'en 1897, lors de la reprise de la discussion. Il intervint aussi vigoureusement dans le débat instauré sur la durée du travail des femmes, filles mineures et enfants, bataillant ardemment pour que cette durée fût ramenée à dix heures par jour.

Toutefois en 1896, il s'intéressa aux crédits en vue de l'exposition universelle de Bruxelles, l'année suivante à la prorogation du privilège de la Banque de France et en 1898 à la réforme des patentes. Lors de son second mandat, la mort ne lui permit de monter à la tribune que deux fois, en 1898, à propos de la réforme du règlement de la Chambre et de la suppression des taxes d'octroi sur les boissons hygiéniques.

Entre temps, il s'était fait élire conseiller général de l'Aube pour le canton d'Estissac.

Encore présent à la Chambre le 16 novembre 1899, il demandait le 20 un congé et décédait prématurément à Troyes, le 28 novembre, à l'âge de 51 ans.

A la séance du jour même, Paul Deschanel, président de la Chambre, prononça avec éloquence son éloge funèbre, résumant admirablement son œuvre de parlementaire. « Il avait, dit-il, apporté ici les habitudes de travail, de précision et d'ordre contractées dans sa profession de manufacturier... Le nombre et l'importance des questions qu'il a abordées témoignent de son activité actuelle. Sociétés coopératives de production et sociétés de secours mutuels, travail des femmes dans les manufactures, syndicats professionnels, assistance des vieillards et institutions charitables, enseignement industriel et commercial, Conseils de prud'hommes, réformes fiscales et administratives, son esprit sans cesse en éveil s'attaquait aux problèmes les plus divers, et toujours pour mettre plus d'équité et d'humanité dans nos lois, pour alléger le poids de la vie si lourd aux faibles, pour rapprocher la République de l'idéal que son cœur avait conçu.

« On sentait dans son visage amaigri et déjà touché par le mal, dans ses yeux où luisait une sombre flamme, l'ardeur de convictions sincères, la passion de la justice, l'impatience des résultats. »

Charles Dutreix était un personnage à Troyes ; le maire de la ville, lui-même, procéda à la déclaration de son décès. Une rue et une école communale y portent son nom.

vendredi 27 janvier 2012

Paul-Meunier, député de l'Aube




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Paul Meunier
né à Saint Parres les vaudes le 18 février 1871, mort à Paris le 17 mai 1922.
"Enfermé à la Santé le 5 novembre à la veille des Elections législatives de 1919 pour raison d'Etat.
Libéré après 2 ans et 4 mois de détention après un arrêt de non-lieu, mort des suites de cette détention.
Il dénonça inlassablement au Parlement, dans la Presse, dans les assemblées publiques la juridiction brutale et inhumaine des conseils de guerre.
Réformateur du Code, il défendit en toutes circonstances avec toute l'ardeur de sa foi les travailleurs victimes de l'injustice sociale.
Il fut le défenseur généreux et désintéressé des humbles, il encourut la haine des puissants."


Dedicated to the memory of Paul-Meunier this monument was unveiled on the 10th June 1923 in front of 4000 persons in the cemetery of his village Saint Parres les vaudes.
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Pour en savoir plus sur Paul Meunier, le climat politique en France et dans l'Aube au début du XXème siècle, les agissements de la Droite extrême et d'une partie de la Presse auboise "La Tribune de l'Aube" et son rédacteur en chef Noël Le Coutour,
consulter le livre:
"Paul-Meunier Un député aubois victime de la dictature de Georges Clémenceau" de Yves Charpy, publié chez L'Harmattan dans la collection "Historiques" .

NB : Il est dommage que dans le bon film de Jean-Pierre Jeunet "Un long Dimanche de fïançaille" soit donné une image ridicule de cet homme courageux,  qui paya de sa vie ses engagements,  en le présentant comme un bellâtre dans son bain, plus préoccupé de sa pilosité nasale que du sort des soldats condamnés à mort par l'Armée française (au mépris de la réalité et de tous les témoignages).

samedi 19 novembre 2011

Charles Dutreix 1848-1899, député radical-socialiste

Charles Dutreix, une rue et une école à Troyes.
Et un médaillon sur son monument funéraire, voir le blog "Toits, Toi, mon Troyes".

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (J.Joly)

Né le 10 février 1848 à Bar-sur-Aube (Aube), mort le 28 novembre 1899 à Troyes (Aube).

Député de l'Aube de 1893 à 1899.

Charles Dutreix était manufacturier à Troyes, où il avait fondé une très importante fabrique de bonneterie. Il n'avait pas limité son activité à cette seule branche industrielle car il présidait aussi aux destinées d'une Société coopérative d'alimentation, était directeur de la Caisse d'épargne de Troyes et, depuis 1887, présidait une Société de secours mutuels dont les affiliés étaient nombreux. Il siégea en outre au Conseil des prud'hommes. Cette activité multiple dépeint tout l'homme et l'orientation générale de ses convictions. Si Charles Dutreix participa activement depuis 1887 à toutes les luttes électorales locales, il ne posa sa candidature à la Chambre des Députés, qu'aux élections générales législatives des 20 août et 3 septembre 1893, dans la deuxième circonscription de Troyes. En tête au premier tour de scrutin, avec 5.366 voix sur 11.621 votants, contre 4.619 au député sortant Rambourgt, il fut élu au scrutin de ballottage avec 6.425 suffrages contre 5.954 à Rambourgt, sur 12.529 votants. Au renouvellement de 1898, il fut réélu dès le premier tour de scrutin, le 8 mai, avec 6.505 voix sur 11.985 votants, contre 3.889 à Jacquinot et 1.381 à Corgeron.

Candidat radical - socialiste, il s'était présenté avec un programme très étudié, préconisant la souveraineté du peuple, la dénonciation du concordat et la suppression du budget des cultes, la création de l'impôt sur le capital et sur le revenu, l'établissement de Caisses de retraites pour les ouvriers urbains et ruraux, l'assistance publique, la nationalisation des chemins de fer et des mines.

A la Chambre, où il siégea avec les radicaux-socialistes, il fit partie de diverses Commissions spéciales, mais principalement de celle du travail (1894, 1898), dont il fut le vice-président en 1898, et de celle des économies administratives (1899).

Très intéressé par les questions ouvrières, son action au Parlement sera presque exclusivement orientée vers celles-ci dans un sens très social pour l'époque. Lors de son premier mandat il fut l'auteur, en 1894, d'une proposition de loi tendant a nommer une Commission de vingt-deux membres pour préparer un projet de loi tendant à substituer aux fêtes légales, des fêtes républicaines choisies parmi les dates les plus mémorables de la Révolution (le rapporteur nommé conclut au rejet) et d'une proposition de résolution concernant la dénonciation du concordat et la suppression du budget des cultes. La même année, mais pendant son second mandat que la mort abrégea si rapidement, outre une mesure d'intérêt local, reprenant une idée d'Edouard Vaillant, il déposa une proposition de loi tendant à créer un sous-secrétariat d'Etat au Travail au Ministère du Commerce, proposition encore prématurée puisque le premier Ministère du Travail vit le jour avec l'arrivée au pouvoir de Clemenceau, en octobre 1906 ; il fut aussi l'auteur d'une proposition tendant à réformer les Conseils de prud'hommes : jointe à une autre proposition il en rédigea le rapport ; la mort l'empêcha d'assister à la discussion de ces textes, que le Sénat ne renvoya à la Chambre que durant la législature de 1902-1906 et qui, en définitive, ne virent jamais le jour. Il avait déjà été, en 1896, le rapporteur, en tant que secrétaire-rapporteur de la Commission du travail, d'un premier projet et de diverses propositions précédemment adoptés par le Sénat, relatifs au Conseil de prud'hommes, mais qui ne parvinrent pas à aboutir à la Chambre. Il avait, de même, rapporté, sans succès, en 1897 la proposition d'Edouard Vaillant tendant à créer un Ministère du Travail, de l'Hygiène et de l'Assistance publique, proposition qu'il avait lui-même reprise l'année suivante et qui eut le même sort.

En matière budgétaire, ses interventions furent très nombreuses pour chaque exercice et toujours marquées par un esprit nettement axé vers la gauche. Il déposa souvent de nombreux amendements qui connurent des fortunes diverses. Il intervint régulièrement dans la discussion des budgets des exercices 1895 à 1899 à de nombreux titres : Affaires étrangères, Guerre, Marine, Commerce et Industrie, Intérieur, Colonies, Agriculture, Finances, demandant ici ou là une augmentation ou une diminution de crédit correspondant à l'orientation générale de son action vers l'équité et en faveur des faibles. Il prit la parole en 1893 à propos d'un projet de modification de la loi du 29 juillet 1881, dite loi Lisbonne, en 1894, sur le projet de loi, adopté par le Sénat, sur les Sociétés coopératives de production, crédit et consommation et les contrats de participation aux bénéfices, sur la proposition de loi de Marcel Sembat tendant à modifier la loi du 21 mars 1884 concernant la création des syndicats professionnels, et enfin à propos du projet de loi ouvrant un crédit de 65 millions de francs pour mener à bien l'expédition de Madagascar ; cette dernière intervention fut assez orageuse : il s'y montrait « adversaire résolu de toute expédition coloniale nouvelle, mais partisan d'une organisation rationnelle dans les colonies que nous possédons » ; il y demandait avec insistance que l'on « colonise » pour le plus grand bien de l'extension du commerce extérieur français ; cette opinion fut fraîchement accueillie. L'année suivante, en 1895, il prit la parole à propos de la réforme de l'impôt des. boissons et de la modification de la loi du 15 juillet 1889 sur le recrutement de l'armée ; en 1896 il se fit entendre sur la proposition de loi Audiffred sur les Sociétés de secours mutuel, ainsi qu'en 1897, lors de la reprise de la discussion. Il intervint aussi vigoureusement dans le débat instauré sur la durée du travail des femmes, filles mineures et enfants, bataillant ardemment pour que cette durée fût ramenée à dix heures par jour.

Toutefois en 1896, il s'intéressa aux crédits en vue de l'exposition universelle de Bruxelles, l'année suivante à la prorogation du privilège de la Banque de France et en 1898 à la réforme des patentes. Lors de son second mandat, la mort ne lui permit de monter à la tribune que deux fois, en 1898, à propos de la réforme du règlement de la Chambre et de la suppression des taxes d'octroi sur les boissons hygiéniques.

Entre temps, il s'était fait élire conseiller général de l'Aube pour le canton d'Estissac.

Encore présent à la Chambre le 16 novembre 1899, il demandait le 20 un congé et décédait prématurément à Troyes, le 28 novembre, à l'âge de 51 ans.

A la séance du jour même, Paul Deschanel, président de la Chambre, prononça avec éloquence son éloge funèbre, résumant admirablement son œuvre de parlementaire. « Il avait, dit-il, apporté ici les habitudes de travail, de précision et d'ordre contractées dans sa profession de manufacturier... Le nombre et l'importance des questions qu'il a abordées témoignent de son activité actuelle. Sociétés coopératives de production et sociétés de secours mutuels, travail des femmes dans les manufactures, syndicats professionnels, assistance des vieillards et institutions charitables, enseignement industriel et commercial, Conseils de prud'hommes, réformes fiscales et administratives, son esprit sans cesse en éveil s'attaquait aux problèmes les plus divers, et toujours pour mettre plus d'équité et d'humanité dans nos lois, pour alléger le poids de la vie si lourd aux faibles, pour rapprocher la République de l'idéal que son cœur avait conçu.

« On sentait dans son visage amaigri et déjà touché par le mal, dans ses yeux où luisait une sombre flamme, l'ardeur de convictions sincères, la passion de la justice, l'impatience des résultats. »

Charles Dutreix était un personnage à Troyes ; le maire de la ville, lui-même, procéda à la déclaration de son décès. Une rue et une école communale y portent son nom.

jeudi 30 juin 2011

Qui était Paul-Meunier, élu 5 fois député de l'Aube ? ?


Yves Charpy vient de publier au début de l'année 2011, une réhabilitation de ce député injustement attaqué par l'extrême droite puis injustement oublié.


Annonce du décès de Paul Meunier
Paul Meunier Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (J.Joly)
faisant l'impasse sur les violentes attaques de l' extrême droite contre ce parlementaire exemplaire et oublié.

Né le 18 février 1871 à Saint-Parrès-les-Vaudes (Aube), mort le 17 mai 1922 à Paris.Député de l'Aube de 1902 à 1919.Avocat et publiciste, maire de son village natal, conseiller général et président de la commission des finances du Conseil général de l'Aube, il se fit remarquer dès 1894 en publiant un ouvrage intitulé Du pilotage. Inscrit au barreau, il se lança dans la politique en se présentant aux élections législatives de 1902. Elu au second tour par 6.706 voix sur 11.537 votants, il siégea parmi les élus inscrits au groupe radical-socialiste.La 8e législature le vit appartenir aux commissions du règlement, des P.T.T., de l'affaire Humbert. Elu secrétaire de la Chambre le 12 janvier 1905, il conserve ce poste le 9 janvier 1906. Il s'intéressa particulièrement aux problèmes concernant les bouilleurs de cru et les rapports entre l'Eglise et l'Etat.Le scrutin du 6 mai 1906 où il obtient 6.049 voix sur 11.290 votants lui redonne son siège. Membre de la commission de l'administration générale, du règlement et de la liberté de réunion, il s'intéresse toujours aux problèmes de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Réélu le 24 avril 1910 par 6.008 voix sur 10.641 votants, la 10e législature le voit siéger à la commission de l'administration générale et à la commission d'enquête sur l'affaire Rochette. Son activité ne se ralentit pas et on peut le voir déposer successivement 25 propositions tendant à modifier la loi municipale de 1884 et faire le rapport sur plusieurs d'entre elles.Les élections du 26 avril 1914 le ramènent une dernière fois à son siège par 5.221 voix sur 9.681 votants. Membre de la commission de la réforme judiciaire et de législation civile et criminelle, ainsi que de la commission chargée d'examiner s'il y a lieu de mettre en accusation un ancien ministre de l'Intérieur, son activité se déplace et s'oriente, en ce temps de guerre, vers des problèmes d'actualité : réforme du code d'instruction criminelle et de justice militaire ; il interpelle le gouvernement sur le fonctionnement de la justice militaire.La vie parlementaire de Paul Meunier est caractérisée par la fidélité du corps électoral, le nombre de voix qu'il obtient à chaque élection reste presque constant et son activité intense qui, à chaque législature, semble axée sur un objectif qui change à chaque réélection. Paul Meunier est mort à Paris le 17 mai 1922, à l'âge de 51 ans.
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