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mercredi 27 février 2019

Charles Gros, professeur d'histoire, journaliste, poète, socialiste guesdiste

   Portrait de Charles Gros
par le peintre franc-comtois Charles Weisser

Almanach Petit Troyen 1907

Charles Gros 1862-1906


Né le 22 avril 1862 à Montbéliard (Doubs)
Décédé le 15 janvier 1906 à Chaumont (Haute-Marne)

Professeur agrégé d’histoire et géographie, poète, journaliste,  socialiste guesdiste.

Issu d’une famille de forgerons-serruriers  et de cultivateurs du pays Comtois, Charles Gros, orphelin de père, élevé par sa mère,  fait ses études secondaires au collège de Montbéliard
 où son oncle Frédéric Belley est professeur de mathématiques. 
  Elève brillant de santé fragile, il intègre l’école normale de Cluny (Saône et Loire) et obtient son agrégation en 1864.
Chargé de cours à Montluçon, puis au lycée de Poitiers,  il est professeur agrégé d’histoire et géographie à Lille en 1885. Républicain, libre-penseur, il propose  le texte d’Eugène Pottier «  l’Internationale » à la section lilloise du parti ouvrier qui le fait mettre en musique par Degeyter.

Il est muté en 1887 au lycée de Troyes où il dispense des cours de littérature et d’économie, et participe aux activités des socialistes guesdistes  conduits par Etienne Pédron. Il publie son premier recueil de poèmes « Poèmes habituels ». Charles des Guerrois en fait une Etude critique élogieuse publiée  dans les Mémoires de la Société académique de l’Aube en 1889.
Professeur irréprochable, il écrit des chroniques littéraires et politiques dans la presse radicale, le Petit Troyen de Gaston Arbouin  sous son nom et dans les journaux socialistes, le Socialiste troyen et le Réveil des travailleurs,  sous le pseudonyme de Germinal.
Une campagne de presse est menée en 1895 par les journaux « Le Petit Républicain de l’Aube » et  « La Croix de l’Aube »pour discréditer l’enseignement donné au lycée de Troyes, et ses enseignants.  Charles Gros et le principal Henri Flassayer sont  la cible du journaliste pamphlétaire Louis Perié . 

Tous deux sont mutés en 1896, Gros à Macon et Flassayer  en 1897 à Bourg (Ain).
Après son mariage avec Louise Lambin, Charles Gros est nommé en 1900 professeur de lettres à Chaumont. Il participe à la vie locale et conserve ses relations avec l’Aube, avec ses amis Louis Morin, Eugène Maury et les enseignants du lycée de Troyes. En 1900, il publie une série d’articles dans le Petit Troyen sur le poète-bonnetier troyen Albert Néret, «Causeries littéraires sur un Aubois inconnu ».  Son poème dédié à Henri Millet est lu en 1902 lors de l’inhumation du maire de Romilly.
En 1906, il rédige la préface du recueil de « Chansons socialistes » d’Etienne Pédron.

 Il décède le 15 janvier 1906, ses obsèques sont suivies à Chaumont par une foule d’élèves, d’habitants et de responsables politiques et administratifs de la Haute-Marne et de l’Aube.
Son corps est inhumé quelques jours après au cimetière de sa ville natale.
Sa nécrologie est publiée par les journaux  de l’Aube, du Doubs et de la Haute Marne et par les journaux parisiens. Henri Focillon signe le 12 février 1906 dans le journal de Clémenceau « L’Aurore » un article sur son œuvre poétique : « J’y trouve une muse à la fois instinctive et réfléchie qui me dit de méditer et de m’exalter… elle est une protestataire. Elle lutte dans les combats d’à présent et pour les causes d’à présent, mais elle demande leur autorité et leur solennité à ces vieux noms mystérieux et à ces fables éternelles qui sont ce que la Grèce nous a laissé de plus beau… ».
Louis Morin rappelle la mémoire et l’œuvre littéraire de Charles Cros dans l’Almanach du Petit Troyen de l’année 1907.
En 1922, le proviseur honoraire Henri Flassayer, devenu chevalier de la Légion d’honneur, évoque dans «  Quinze années de journalisme » : « Le jeune professeur, qui sans être militant, ne celait pas ses préférences socialistes. C’était en pleine réaction ; la consigne fut donnée de présenter dans les gazettes, professeurs et proviseur, comme acquis au socialisme et aux idées révolutionnaires. … En vain, fut-il constaté officiellement, que le personnel gardait la réserve professionnelle, mais encore que les élèves du professeur spécialement incriminé, chargé d’un cours d’économie politique avaient sur le phénomène de la distribution des richesses des opinions susceptibles de rassurer le plus timoré des bourgeois ; rien n’y fit : les familles s’inquiétèrent, l’effectif scolaire baissa sensiblement, des déplacements dans le personnel furent jugés indispensables. »

La municipalité de Troyes honore en 1922 sa mémoire, sur la proposition de l’Amicale des élèves du lycée de Troyes, en donnant son nom à l’ancienne rue des Petites Tanneries.
Un article lui est consacré dans le "Dictionnaire des célébrités auboises"  publié en 2016 par les éditions de la Maison du Boulanger.



lundi 11 février 2019

François Benjamin Pance, préfet républicain sous la Deuxième République d'origine auboise

PANCE François, Benjamin

Né le 22 nivôse an 8 (17 janvier 1800) à Boulogne Billancourt ; mort le 15 mai 1851 à Nice. Conspirateur carbonariste et militant républicain sous la monarchie de Juillet, avocat, écrivain, journaliste, préfet.
Fils de François Pance, notaire public à Boulogne-Billancourt, et de Romaine Viault originaire de Rigny-le-Ferron dans l’Aube, François Benjamin Pance séjourna avec sa mère dans l’Aube après le décès de son père en 1811, puis il intégra le collège Sainte Barbe à Paris. Il y eut pour condisciples Guinard, futur major général de la Garde nationale de Paris, Thomas, futur directeur-gérant du National et Godefroy Cavaignac, qui allait devenir le principal dirigeant de l’opposition républicaine après 1830. Il évoqua cette période de sa vie dans le premier tome de Paris révolutionnaire, dans le chapitre consacré aux étudiants.
Il participa à la conspiration civile du 19 août 1820. Membre de la loge maçonnique des Amis de la vérité et président d’une vente de la Charbonnerie, il fut poursuivi au procès de Colmar en 1822.
Durant les premières années de la monarchie de Juillet, il édita de petites publications destinées à l’éducation politique du peuple pour lesquelles il reçut avec Étienne Cabet* 60 F du Comité central de l’Association pour la liberté de la presse en juillet 1833.
De retour à Troyes dans le courant des années 1830 pour y exercer son métier d’avocat, il devint l’éditorialiste du journal Le Progressif de l’Aube et figura au nombre des défenseurs des accusés d’avril 1835.
Après la Révolution de février 1848, il se porta candidat à la Constituante dans l’Aube et obtint un score honorable de 8 000 voix mais ne fut pas élu. Les républicains locaux demandèrent alors sans succès sa désignation comme délégué du Gouvernement. Il fut nommé préfet de la Haute-Marne de juin à juillet 1848, puis préfet de la Sarthe de juillet 1848 à novembre 1849 avant d’être remercié : il avait reçu plusieurs avertissements pour ne pas avoir exercé une surveillance bien active à l’égard du parti exalté.
François Pance mourut à Nice en 1851.

(extrait du "Maitron")

Pour confirmer, les liens de Pance avec les républicains troyens voici une lettre adressée par Benjamin François Pance à Jean François Gadan le 13 mars 1848



Mon cher citoyen,

Nos lettres se croisent comme nos personnes. La mienne vous doit être actuellement parvenue. Et je n’ai que le temps d’ajouter quelques mots à ce que je vous disais. J’accepte de grand cœur la candidature du parti républicain. Je ne vous fais pas de profession de foi, je craindrais de me rendre ridicule. Ce que j’étais à Belfort en 1822, à Paris en juillet 1830 et en février 1848 je le serai toute ma vie trop heureux d’avoir encore de bonnes et vigoureuses années à sacrifier au service de ma patrie et de la république.

Je fais ici partie du comité central républicain radical qui se mettra en correspondance avec vous et auquel déjà vous pouvez écrire à la salle du boulevard Bonne-Nouvelle puisqu’il est en permanence et trop heureux de tous les renseignements qu’il reçoit. Mettez si vous voulez le nom de M. Clément Thomas sur l’adresse.

J’ai vu hier Millard qui me cause le regret de ne pas vouloir se porter candidat ; il m’a donné des raisons que j’ai vainement combattues. Il m’a dit qu’il écrirait dans ce sens et qu’il prierait surtout ceux qui auraient voulu le nommer de porter leur voix sur moi.

Il me tenait le plus possible au courant de ce qu’il savait sur Troyes et c’est ce qui m’avait fait vous écrire. Je lui ai promis d’aller à Troyes aussitôt que nos élections de la garde nationale seront faites c’est-à-dire le 22 mars prochain. Jusque-là tenez moi au courtant et dites-moi tout ce qui concerne les élections et les intérêts du département de l’Aube.

Adieu mon cher Gadan, que cette lettre vous soit commune avec nos amis.



Salut fraternité et confiance



B. Pance


samedi 29 juillet 2017

Eugène Réveillaud, rédacteur en chef de l'Avenir républicain Troyes

Eugène Réveillaud, rédacteur en chef de l'Avenir républicain de Troyes, journaliste, homme de lettres, député puis sénateur de la Charente Maritime.
Michel Eugène Ludovic Réveillaud, né en 1851 à Saint Coutand le Grans, décédé en 1935 à Versailles.
Journaliste, il a été rédacteur en chef de l'Avenir républicain au début des années 1870 et notamment pendant le procès du Cercle populaire de Stanislas Baltet en 1873.
Son séjour à Troyes a été marqué par un drame familial, le 12 juin 1874 sa jeune femme Catherine Jaudin a donné le jour à un fils Michel Eugène. La déclaration de naissance a été faite en compagnie de Théodore Marie Anatole Huot, journaliste de 31 ans et de Alexandre Colson comtable de 45 ans et l'un des dirigeants de l'Avenir républicain.
Ce premier fils décèdera 19 jours plus tard.

Le 8 janvier 1875, la loge maçonnique L'Union fraternelle du Grand Orient initiera Eugène Réveillaud. Il quittera Troyes  quelques mois après et démissionnera de cette loge troyenne  le 28 juillet 1875.
Il s'installera à Reims où il poursuivra sa carrière de journaliste et où sa femme donnera naissance à son deuxième fils Jean Réveillaud le 9 mars 1876.

mardi 26 janvier 2016

Henri Millet 1865-1902, ouvrier bonnetier, militant socialiste de l’Aube, maire de Romilly




                                                                Henri Millet

 Monument  funéraire inauguré le 17 avril 1904 au cimetière de Romilly en présence du sculpteur Alfred Boucher, auteur du médaillon,  avec la lecture d'une Ode écrite par le professeur poète Charles Gros, lue par le jeune militant socialiste René Valdemar né le 13 novembre 1880 à Forcey

(Haute-Marne) ; ouvrier coutelier à Romilly-sur-Seine (Aube).




 
 
Né et mort à Romilly (Aube) 22 février 1865-17 avril 1902 ; ouvrier bonnetier : militant socialiste de l’Aube, maire de Romilly

Né dans une famille ouvrière, Millet quitta l’école primaire à l’âge de douze ans, mais continua de lire et de s’instruire jusqu’à devenir un autodidacte cultivé. D’abord radical, il adhéra au collectivisme, entraîné par le milieu ouvrier qui était le sien, après une conférence de Pédron le 25 août 1890. Il fut le secrétaire du premier groupe collectiviste « L’Action », puis de l’agglomération du POF de Romilly, jusqu’à sa mort. Il appartint au conseil national du POF (1898-1899). Il fut délégué aux congrès du POF de 1892, 1895, 1896, 1897, 1899 et 1900, aux congrès généraux des organisations socialistes à Paris, salle Japy (1899) et salle Wagram (1900) et au congrès international de Londres (1896). Élu conseiller municipal de Romilly lors d’une élection partielle le 2 décembre 1894, Millet fut congédié par son patron. Or, il était père de trois enfants. Pour le garder à Romilly, le maire socialiste Bouhenry-Gornet lui céda son écharpe de maire qu’il conserva de janvier 1895 à mai 1896 et de 1900 à sa mort. Millet fut candidat aux élections cantonales de 1895 et de 1898, aux élections législatives dans l’arr. de Nogent-sur-Seine en 1898 (1 291 voix) et en 1902. Il mourut au cours de cette dernière campagne.
ŒUVRE : H. Millet collabora aux journaux guesdistes de l’Aube et au Socialiste. Il écrivit une brochure : L’Évolution socialiste à Romilly-sur-Seine (1896).
SOURCES : Arch. Dép. Aube, W 630. — Comptes rendus des congrès. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes I, pp. 131 à 141, passim. — Cl. Willard, Les Guesdistes, op. cit., p. 634 - P. Guillaumot. Une vie au service d'un idéal - Henri Millet  1865-1902

(extrait du Maitron) 








vendredi 17 juillet 2015

La Cloche de Ferragus 1868 - des nouvelles de Jean-François Gadan 1796-1870



La Cloche de Ferragus,  journal hebdomadaire humoristique de Louis Ulbach, publié en 1868-1869, donne des informations intéressantes sur la vie à Troyes dans les années 1850-1860.
Ainsi dans son second numéro, du samedi , 22 août 1868, Louis Ulbach évoque le journal "Le Propagateur de l'Aube" dont il fut le rédacteur en chef. Il décrit le retour de l'un de ses collaborateurs (sic) avec son  humour et sa suffisance habituelle.
 D'aucuns reconnaitront, le personnage en question, il s'agit de l'érudit, bibliophile, journaliste, teneur de livre... républicain qui fut condamné à la transportation en Algérie après le coup d'état du 2 décembre 1851. Ce Jean-François Gadan, ami de Napoléon-Ambroise Cottet, du préfet Denis-Dominique Farjasse, d'Amédée Aufauvre refua la grâce accordée  par l'Empereur quelques années plus tard et resta longtemps en Algérie.
Ses biographes, suivant Emile Socard, auteur en 1880 de la Biographie des personnages les plus remarquables du département de l'Aube, intitulée "Les hommes célèbres du département de l'Aube", publiée chez Léopold Lacroix, libraire à Troyes,  le déclarèrent décédé à Alger dans les années 1870.
Louis Ulbach signale le retour en France de cet homme, très diminué "n'ayant plus de jambes, plus d'yeux et plus d'oreilles" quelques années avant 1868.

Une longue recherche dans les archives parisiennes a permis de retrouver son acte de décès enregistré le 1er mai 1870 à la mairie de Clermont dans l'Oise.
Jean-François Gadan, fils de feu Jean Gadan et de Marie Nicole Buot, né à Troyes en 1796, veuf de Baptiste Emmanuelle Blasson, demeurant à Paris-Batignolles est décédé, âgé de 74 ans,  le 30 avril 1870 à la maison de santé de Clermont (Oise).

lundi 3 novembre 2014

Claude Alexandre GUERIN chansonnier, Troyes 1824- Paris 1888



Alexandre GUERIN, né à Troyes le 21 février 1824, dans une famille d'ouvriers bonnetiers, poète, chansonnier, journaliste, décédé à Paris 4ème le 26 août 1888.
Il exerce le métier de caissier de commerce à Paris et se produit dans les goguettes de Ménilmontant : "Aux amis de la vigne" et "La Ménagerie".Admirateur d'Hégésippe MOREAU, il publie plusieurs recueils de poèmes et de chansons. Républicain dès 1848, avec une religiosité issue d'une vision du Christ humanitaire.
Il dédie en 1853, l'un de ses poèmes "Huit jours a la campagne" à l'industriel-inventeur, leader de l'opposition républicaine à Troyes, Julien Joseph JACQUIN.
En 1856, il est caissier dans la maison PEYSSON et Veuve JACQUIN, fabricants de dragées à Paris et écrit une chanson "La bonbonnerie" dans laquelle il décrit  ses patrons et ses collègues
Il collabore  à plusieurs journaux littéraires et humoristiques.
Louis Morin publie sa biographie en 1916 dans les Mémoires de la Société Académique de l'Aube.
Plus récemment, il est cité dans un ouvrage

Les Bohèmes, 1840-1870: Ecrivains - Journalistes - Artistes

de Jean-Didier WAGNEUR et Françoise CESTOR et dans une étude sur les lecteurs de George Sand.