vendredi 8 mars 2019

Babygro, le vêtement qui grandit avec l'enfant Frafor Troyes




 Charles Douine fait construire une filature de coton vers 1855 à l'emplacement d'un moulin dont il ne subsiste rien. Il possède une seconde usine rue Simart, à proximité, de la première, mais qui a été détruite. L'établissement du cours Jacquin est agrandi par Georges Douine au début du 20e siècle, qui y installe notamment une salle des machines portant la date 1902. Touron fils devient le propriétaire de la filature après la Première Guerre mondiale, puis une S.A. Touron est créée vers 1927. En 1986 (enquête initiale), une usine de bonneterie, propriété de Franck Forter, dont la raison sociale est Fra-For S.A., est installée dans les bâtiments depuis 1960 environ. En 2013 (complément d'enquête), le site est désaffecté et en attente d'une prochaine destination. Un permis de construire a été déposé en avril 2013, prévoyant la conversion du site en plusieurs logements.

(extrait inventaire patrimoine industriel de Troyes, région Champagne Ardennes)

voir pst de ce blog en  2015
https://troyes-en-champagne.blogspot.com/2015/03/filature-georges-douine-aux-moulins.html

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lundi 4 mars 2019

L'ascension du ballon "Léviathan" à Troyes 7 juin 1860

 Dans le cadre de l'Exposition régionale de Troyes en mai et juin 1860, M. Godard et son ballon "Léviathan" se sont envolés le jeudi 7 juin à plus de 1000 mètres d'altitude de Troyes à 18 heures         pour se poser un quart d'heures plus tard, à quatre kilomètres de la ville dans la propriété de M. Millière à Argentolles.
La presse locale, "L'Aube" et  le "Petit Courrier de Bar-sur-Seine" ont publié le compte-rendu de cet exploit sous la signature de M. E. Brévot.

samedi 2 mars 2019

Marguerite Sardin Laroche, Bar sur Seine,1889-1969, enseignante, syndicaliste, militante laïque

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Marguerite SARDIN, épouse LAROCHE, née le 28 décembre 1889, décédée le 29 janvier 1969
enseignante, syndicaliste, militante laïque.
Stèle funéraire proche de la tour de l’horloge de Bar sur Seine


LAROCHE Marie, Marguerite née SARDIN.
Née et décédée à Bar-sur-Seine (Aube), 28 décembre 1889-29 janvier 1969 ; professeure, directrice d’Ecole Primaire Supérieure puis de collège ; militante syndicaliste du SNEPS, puis du SNCM et des organisations laïques en Moselle.
Son père, Henri Sardin, était cordonnier, Grand-rue à Bar-sur-Seine, sa mère, Eléonore-Joséphine Martret, était sans profession. Marie Sardin obtint le brevet supérieur en 1907, commença des suppléances d’institutrice à Essoyes (Aube) et y enseigna jusqu’en 1917, avant d’être nommée pour une année à Bar-sur-Seine.
Elle épousa, le 4 novembre 1916, à Bar-sur-Seine, Pierre Laroche, instituteur. Ce dernier, dans les années 1930, fut le secrétaire de la section socialiste SFIO de Forbach (Moselle). Chevalier de la Légion d'honneur en 1932.
Marie Laroche obtint les deux parties du certificat d’aptitude pour le professorat d’enseignement commercial en 1922 et en 1930. Parallèlement, elle obtint le diplôme d’ingénieur commercial de la faculté de Nancy en 1927. Elle devint professeur adjoint d’enseignement commercial à l’école pratique de commerce et d’industrie de jeunes filles à Forbach, où elle enseigna aussi les sciences naturelles et fut titularisée comme professeur en 1931.
Marie Laroche fut une des animatrices de l’« Entente des jeunes professeurs du second degré » de la région de l’Est, réunissant des syndiqué(e)s des trois syndicats de l’enseignement technique, des écoles primaires supérieures et des collèges. Elle fut nommée en 1938 directrice déléguée de l’EPS de filles de Forbach. Elle militait également dans la Ligue de l’enseignement et les œuvres laïques du département.
Au début de la guerre, l’EPS de filles de Forbach fut repliée à Cognac (Charente) puis à Bar-sur-Seine. Elle fut fermée au début de l’année 1941-1942 à la suite de la transformation des EPS en collèges modernes, et Marie Laroche fut mise à la retraite en avril 1942.
De son côté, son mari, directeur de l’école primaire de garçons de Forbach puis du cours complémentaire, mobilisé comme lieutenant au début de la guerre, avait été fait prisonnier. En dépit de cette situation, il fut considéré comme démissionnaire d’office en raison de ses responsabilités dans la Franc-maçonnerie.
Marie Laroche refusa sa mise à la retraite et son arrêté de mise à la retraite fut annulé, le 28 juin 1944. À la Libération, elle fut nommée, en novembre 1944, directrice du collège moderne et technique de jeunes filles de Forbach.
Elle se retrouva alors trésorière de la mutuelle maladie-décès du Syndicat national des collèges modernes et resta membre de sa CA nationale de 1945 à 1948. Elle était en même temps secrétaire de la section départementale de la Moselle 31 syndiqué(e)s votèrent en totalité pour l’autonomie lors du référendum sur l’affiliation de 1948. Elle dut ensuite adhérer au syndicat des personnels de direction de la FEN puisque le nouveau Syndicat national de l’enseignement secondaire (classique et moderne), né de la fusion du SNES et du SNCM, ne syndiquait pas ces personnels.
Militante des organisations laïques, elle fut l’objet, en 1953, d’une plainte de la section CFTC des centres d’apprentissage à propos de l’utilisation des fonds Barangé. Elle réagit vivement contre l’attitude du Syndicat général de l’Éducation nationale qui, selon elle, s’en prenait surtout à son engagement laïque.
Elle prit sa retraite en 1957 et décéda en 1969 à Bar sur Aube et fut enterré à côté de son mari ( décédé en 1961) dans un terrain privé .
Extrait de l’article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article136884, notice LAROCHE Marie, Marguerite née SARDIN. par Alain Dalançon, Jacques Girault

 

mercredi 27 février 2019

Charles Gros, professeur d'histoire, journaliste, poète, socialiste guesdiste

   Portrait de Charles Gros
par le peintre franc-comtois Charles Weisser

Almanach Petit Troyen 1907

Charles Gros 1862-1906


Né le 22 avril 1862 à Montbéliard (Doubs)
Décédé le 15 janvier 1906 à Chaumont (Haute-Marne)

Professeur agrégé d’histoire et géographie, poète, journaliste,  socialiste guesdiste.

Issu d’une famille de forgerons-serruriers  et de cultivateurs du pays Comtois, Charles Gros, orphelin de père, élevé par sa mère,  fait ses études secondaires au collège de Montbéliard
 où son oncle Frédéric Belley est professeur de mathématiques. 
  Elève brillant de santé fragile, il intègre l’école normale de Cluny (Saône et Loire) et obtient son agrégation en 1864.
Chargé de cours à Montluçon, puis au lycée de Poitiers,  il est professeur agrégé d’histoire et géographie à Lille en 1885. Républicain, libre-penseur, il propose  le texte d’Eugène Pottier «  l’Internationale » à la section lilloise du parti ouvrier qui le fait mettre en musique par Degeyter.

Il est muté en 1887 au lycée de Troyes où il dispense des cours de littérature et d’économie, et participe aux activités des socialistes guesdistes  conduits par Etienne Pédron. Il publie son premier recueil de poèmes « Poèmes habituels ». Charles des Guerrois en fait une Etude critique élogieuse publiée  dans les Mémoires de la Société académique de l’Aube en 1889.
Professeur irréprochable, il écrit des chroniques littéraires et politiques dans la presse radicale, le Petit Troyen de Gaston Arbouin  sous son nom et dans les journaux socialistes, le Socialiste troyen et le Réveil des travailleurs,  sous le pseudonyme de Germinal.
Une campagne de presse est menée en 1895 par les journaux « Le Petit Républicain de l’Aube » et  « La Croix de l’Aube »pour discréditer l’enseignement donné au lycée de Troyes, et ses enseignants.  Charles Gros et le principal Henri Flassayer sont  la cible du journaliste pamphlétaire Louis Perié . 

Tous deux sont mutés en 1896, Gros à Macon et Flassayer  en 1897 à Bourg (Ain).
Après son mariage avec Louise Lambin, Charles Gros est nommé en 1900 professeur de lettres à Chaumont. Il participe à la vie locale et conserve ses relations avec l’Aube, avec ses amis Louis Morin, Eugène Maury et les enseignants du lycée de Troyes. En 1900, il publie une série d’articles dans le Petit Troyen sur le poète-bonnetier troyen Albert Néret, «Causeries littéraires sur un Aubois inconnu ».  Son poème dédié à Henri Millet est lu en 1902 lors de l’inhumation du maire de Romilly.
En 1906, il rédige la préface du recueil de « Chansons socialistes » d’Etienne Pédron.

 Il décède le 15 janvier 1906, ses obsèques sont suivies à Chaumont par une foule d’élèves, d’habitants et de responsables politiques et administratifs de la Haute-Marne et de l’Aube.
Son corps est inhumé quelques jours après au cimetière de sa ville natale.
Sa nécrologie est publiée par les journaux  de l’Aube, du Doubs et de la Haute Marne et par les journaux parisiens. Henri Focillon signe le 12 février 1906 dans le journal de Clémenceau « L’Aurore » un article sur son œuvre poétique : « J’y trouve une muse à la fois instinctive et réfléchie qui me dit de méditer et de m’exalter… elle est une protestataire. Elle lutte dans les combats d’à présent et pour les causes d’à présent, mais elle demande leur autorité et leur solennité à ces vieux noms mystérieux et à ces fables éternelles qui sont ce que la Grèce nous a laissé de plus beau… ».
Louis Morin rappelle la mémoire et l’œuvre littéraire de Charles Cros dans l’Almanach du Petit Troyen de l’année 1907.
En 1922, le proviseur honoraire Henri Flassayer, devenu chevalier de la Légion d’honneur, évoque dans «  Quinze années de journalisme » : « Le jeune professeur, qui sans être militant, ne celait pas ses préférences socialistes. C’était en pleine réaction ; la consigne fut donnée de présenter dans les gazettes, professeurs et proviseur, comme acquis au socialisme et aux idées révolutionnaires. … En vain, fut-il constaté officiellement, que le personnel gardait la réserve professionnelle, mais encore que les élèves du professeur spécialement incriminé, chargé d’un cours d’économie politique avaient sur le phénomène de la distribution des richesses des opinions susceptibles de rassurer le plus timoré des bourgeois ; rien n’y fit : les familles s’inquiétèrent, l’effectif scolaire baissa sensiblement, des déplacements dans le personnel furent jugés indispensables. »

La municipalité de Troyes honore en 1922 sa mémoire, sur la proposition de l’Amicale des élèves du lycée de Troyes, en donnant son nom à l’ancienne rue des Petites Tanneries.
Un article lui est consacré dans le "Dictionnaire des célébrités auboises"  publié en 2016 par les éditions de la Maison du Boulanger.



mercredi 13 février 2019

Comité de Troyes de la Ligue française 1917





Ernest Lavisse, le général Paul  assument la fonction de présidents d'honneur de La Ligue Française sous la présidence de Louis-Emile Bertin.

Ernest Lavisse, né au Nouvion-en-Thiérache le et mort à Paris le , est un historien français, fondateur de l'histoire positiviste, et un manueliste, auteur des nombreux « manuels Lavisse ». Chantre du « roman national1 » au service de l'histoire et de son enseignement, il a contribué à répandre des images et une mythologie qui sont restées gravées dans la mémoire de générations d'écoliers. Ainsi la phrase inscrite dans le fameux petit manuel d'histoire et rapportée par Michel Vernus2 :
« Tu dois aimer la France, parce que la Nature l'a faite belle, et parce que l'Histoire l'a faite grande. »
Promu pendant plus d'un demi-siècle conscience nationale des hussards noirs, il est enterré au Nouvion-en-Thiérache3.
(extrait de Wikipedia)

lundi 11 février 2019

François Benjamin Pance, préfet réublicain sous la Deuxième République d'origine auboise

PANCE François, Benjamin

Né le 22 nivôse an 8 (17 janvier 1800) à Boulogne Billancourt ; mort le 15 mai 1851 à Nice. Conspirateur carbonariste et militant républicain sous la monarchie de Juillet, avocat, écrivain, journaliste, préfet.
Fils de François Pance, notaire public à Boulogne-Billancourt, et de Romaine Viault originaire de Rigny-le-Ferron dans l’Aube, François Benjamin Pance séjourna avec sa mère dans l’Aube après le décès de son père en 1811, puis il intégra le collège Sainte Barbe à Paris. Il y eut pour condisciples Guinard, futur major général de la Garde nationale de Paris, Thomas, futur directeur-gérant du National et Godefroy Cavaignac, qui allait devenir le principal dirigeant de l’opposition républicaine après 1830. Il évoqua cette période de sa vie dans le premier tome de Paris révolutionnaire, dans le chapitre consacré aux étudiants.
Il participa à la conspiration civile du 19 août 1820. Membre de la loge maçonnique des Amis de la vérité et président d’une vente de la Charbonnerie, il fut poursuivi au procès de Colmar en 1822.
Durant les premières années de la monarchie de Juillet, il édita de petites publications destinées à l’éducation politique du peuple pour lesquelles il reçut avec Étienne Cabet* 60 F du Comité central de l’Association pour la liberté de la presse en juillet 1833.
De retour à Troyes dans le courant des années 1830 pour y exercer son métier d’avocat, il devint l’éditorialiste du journal Le Progressif de l’Aube et figura au nombre des défenseurs des accusés d’avril 1835.
Après la Révolution de février 1848, il se porta candidat à la Constituante dans l’Aube et obtint un score honorable de 8 000 voix mais ne fut pas élu. Les républicains locaux demandèrent alors sans succès sa désignation comme délégué du Gouvernement. Il fut nommé préfet de la Haute-Marne de juin à juillet 1848, puis préfet de la Sarthe de juillet 1848 à novembre 1849 avant d’être remercié : il avait reçu plusieurs avertissements pour ne pas avoir exercé une surveillance bien active à l’égard du parti exalté.
François Pance mourut à Nice en 1851.

(extrait du "Maitron")

Pour confirmer, les liens de Pance avec les républicains troyens voici une lettre adressée par Benjamin François Pance à Jean François Gadan le 13 mars 1848



Mon cher citoyen,

Nos lettres se croisent comme nos personnes. La mienne vous doit être actuellement parvenue. Et je n’ai que le temps d’ajouter quelques mots à ce que je vous disais. J’accepte de grand cœur la candidature du parti républicain. Je ne vous fais pas de profession de foi, je craindrais de me rendre ridicule. Ce que j’étais à Belfort en 1822, à Paris en juillet 1830 et en février 1848 je le serai toute ma vie trop heureux d’avoir encore de bonnes et vigoureuses années à sacrifier au service de ma patrie et de la république.

Je fais ici partie du comité central républicain radical qui se mettra en correspondance avec vous et auquel déjà vous pouvez écrire à la salle du boulevard Bonne-Nouvelle puisqu’il est en permanence et trop heureux de tous les renseignements qu’il reçoit. Mettez si vous voulez le nom de M. Clément Thomas sur l’adresse.

J’ai vu hier Millard qui me cause le regret de ne pas vouloir se porter candidat ; il m’a donné des raisons que j’ai vainement combattues. Il m’a dit qu’il écrirait dans ce sens et qu’il prierait surtout ceux qui auraient voulu le nommer de porter leur voix sur moi.

Il me tenait le plus possible au courant de ce qu’il savait sur Troyes et c’est ce qui m’avait fait vous écrire. Je lui ai promis d’aller à Troyes aussitôt que nos élections de la garde nationale seront faites c’est-à-dire le 22 mars prochain. Jusque-là tenez moi au courtant et dites-moi tout ce qui concerne les élections et les intérêts du département de l’Aube.

Adieu mon cher Gadan, que cette lettre vous soit commune avec nos amis.



Salut fraternité et confiance



B. Pance