lundi 23 décembre 2019

Fontaine place du Préau






La fontaine de la place du Préau 
vient d'être installée
œuvre sobre et dépouillée qui ne cherche pas à rivaliser avec l'oeuvre de Mathurin Moreau
 réalisée par la fonderie du Val d'Osne :la fontaine Argence.
La fontaine du Préau a été réalisée par la fonderie GHM de Sommevoire, issue de la fonderie d'Antoine Durenne, l'un des promoteurs de la fonte d'art dont certains modèles sont encore visible au "Paradis" de Sommevoire..

samedi 21 décembre 2019

Avis aux Dames de la modiste Korzeniewska-Duquairoux Troyes 1846



Rosalie Madeleine Duquairoux originaire de Brienne-le-château a épousé à Troyes le 9 septembre 1843 un militaire polonais réfugié Jean Népomécène Stanislas Sigismond Korzeniewski.
En novembre 1846 elle publie dans le journal "Le Propagateur" un avis aux Dames.
De retour de Paris, elle dispose d'un "joli choix de mode, de chapeaux et capotes en soie et velours" à des prix très modérés.
Elle fabrique des chapeaux de paille d'Italie et confectionne les coiffures de bals et soirée.
Elle  dépose le 5 mai 1852 un brevet pour des perfectionnements apportés à la fabrication des chapeaux de paille
 Elle est l'une des sœurs d'un prodige mathématicien François Duquairoux

 né le 20 mars 1823 à Brienne le château, fils de Gaspard Duquairoux, menuisier et Marie Madeleine Duc. Repéré en 1830 par la Société académique de l’Aube comme un enfant très doué en calcul. Une délégation d'académiciens se rend à Brienne pour constater les capacités remarquables de cet enfant. Un compte-rendu  est publié dans les Mémoires de la Société.
Il publie à Troyes trois ouvrages en 1854 :
-  Préparation à la science, 32 pages – imprimerie Cardon ;
-  Instructions catholiques,  58 pages même éditeur
-  Les six jours de la création – Evangile de l’esprit – même éditeur.
Il est  un accordeur de piano réputé sur Troyes et disparaît avant  la fin des années 1850 sans laisser de traces ( jusqu'à présent).
L'un de ses  frères aînés, Louis Duquairoux, est un facteur de piano célèbre à Paris...
Le décès de Madame Veuve Korzeniewska, née Duqairoux est publié le 15 septembre 1907 dans le Bulletin polonais, littéraire, scientifique et artistique de l'Association des anciens élèves de l'école polonaise parisienne.
 Elle est décédée le 22 août 1907 à Asnières à l'âge de 93 ans.

mardi 17 décembre 2019

Climat politique à Troyes au mois de mai 1833


Lettre adressée à M. André Marchais,
9, rue Louis le Grand à Paris


Troyes, le10 mai 1833
J’ai reçu mon cher ami, hier à Troyes la lettre par laquelle tu me convoques chez toi, voilà mon motif d’excuse pour avoir manqué à la réunion.
Je me suis sauvé de Paris beaucoup plus vite, que je l’avais cru d’abord et les embarras du départ m’ont empêché d’aller te voir.
J’ai trouvé la ville de Troyes diablement tiède mais il y a de bons éléments que je vais tacher de réchauffer. Pour cela j’ai commencé par ce qu’il y a de plus influent et je me suis mis en demeure de convoquer l’Association de la presse qui votera tout ce que je lui demanderai.
J’ai déjà trouvé un brave homme qui se chargera de couvrir à lui tout seul la cotisation que j’ai votée. J’utiliserai sa bonne disposition. Ma réunion est indiquée pour mercredi prochain.
Je te serais bien obligé de m’envoyer d’ici là le procès-verbal de nos délibérations à l’adresse de M. St Amant, rédacteur du Progressif de l’Aube à Troyes.
Tu ferais bien de me joindre aussi les renseignements nouveaux que tu peux avoir sur l’étendue de l’association.
Il est question aussi d’une plus grande extension à donner à notre petit journal qui entre complétement de nos idées. Ce projet de correspondance serait admis ici avec enthousiasme et pour ma part j’y ferai de mon mieux.
Tu me diras quel effet produit la circulaire, ici on la trouve fort bien et plutôt encore trop forte que trop faible.
La gravité qui y règne est fort du goût de nos hommes les plus avancés et je me félicite du résultat. Ce sera un bon coup de fouet de donné à l’association.
La fête de Louis Philippe s’est passée ici au gré de mes vœux. Ceux qui veulent voir ont pu se convaincre du refroidissement complet des sympathies qui dans le premier temps avaient été si vives.
Si tu avais des nouvelles de notre grand marchand de bois tu m’obligerais bien de m’en donner. Je lui ai écrit par Chevallon mais il ne m’a pas encore répondu.
J’ai voulu batailler ici sur les attributions municipales mon premier article se trouve tout net en contradiction avec La Tribune et j’en ai promis un second.
Le diable se mêle de l’affaire mais je ne puis renoncer à mon opinion.
Le journal ministériel m’attaque presque quotidiennement. J’ai supporté longtemps ses cris mais je ne sais si j’y tiendrai.
Je crois que je vais prendre le parti de lui donner quelques croquignoles mais par malheur il est trop bête.
Je suis encore ici jusqu’au 25, époque à laquelle je retournerai à Paris. Je me divertis que fort médiocrement mais pour que l’affaire marche j’y mettrai tous mes soins. Entre nous ton collègue M. Stourm a perdu considérablement de son crédit ici.
Mon cher ami,  réponds moi de suite.
Tout à toi.


Benjamin Pance

André Marchais était le secrétaire de l'association Aide-toi, le ciel t'aidera. Société de tendance libérale fondée au mois d'août 1827 dans le but d'agir sur le corps électoral par des correspondances et des publications. Elle était ainsi destinée à la formation politique des électeurs pour les législatives annoncées en novembre et à coordonner l’action des libéraux, tant monarchistes (doctrinaires) que républicains (démocrates), afin que l'opposition obtienne un maximum de sièges. 

François Benjamin Pance, préfet républicain sous la Deuxième République d'origine auboise

Né le 22 nivôse an 8 (17 janvier 1800) à Boulogne Billancourt ; mort le 15 mai 1851 à Nice. Conspirateur carbonariste et militant républicain sous la monarchie de Juillet, avocat, écrivain, journaliste, préfet.
Fils de François Pance, notaire public à Boulogne-Billancourt, et de Romaine Viault originaire de Rigny-le-Ferron dans l’Aube, François Benjamin Pance séjourna avec sa mère dans l’Aube après le décès de son père en 1811, puis il intégra le collège Sainte Barbe à Paris. Il y eut pour condisciples Guinard, futur major général de la Garde nationale de Paris, Thomas, futur directeur-gérant du National et Godefroy Cavaignac, qui allait devenir le principal dirigeant de l’opposition républicaine après 1830. Il évoqua cette période de sa vie dans le premier tome de Paris révolutionnaire, dans le chapitre consacré aux étudiants.
Il participa à la conspiration civile du 19 août 1820. Membre de la loge maçonnique des Amis de la vérité et président d’une vente de la Charbonnerie, il fut poursuivi au procès de Colmar en 1822.
Durant les premières années de la monarchie de Juillet, il édita de petites publications destinées à l’éducation politique du peuple pour lesquelles il reçut avec Étienne Cabet* 60 F du Comité central de l’Association pour la liberté de la presse en juillet 1833.
De retour à Troyes dans le courant des années 1830 pour y exercer son métier d’avocat, il devint l’éditorialiste du journal Le Progressif de l’Aube et figura au nombre des défenseurs des accusés d’avril 1835.
Après la Révolution de février 1848, il se porta candidat à la Constituante dans l’Aube et obtint un score honorable de 8 000 voix mais ne fut pas élu. Les républicains locaux demandèrent alors sans succès sa désignation comme délégué du Gouvernement. Il fut nommé préfet de la Haute-Marne de juin à juillet 1848, puis préfet de la Sarthe de juillet 1848 à novembre 1849 avant d’être remercié : il avait reçu plusieurs avertissements pour ne pas avoir exercé une surveillance bien active à l’égard du parti exalté.
François Pance mourut à Nice en 1851.

(extrait du "Maitron")

Pour confirmer, les liens de Pance avec les républicains troyens voici une lettre adressée par Benjamin François Pance à Jean François Gadan le 13 mars 1848



Mon cher citoyen,

Nos lettres se croisent comme nos personnes. La mienne vous doit être actuellement parvenue. Et je n’ai que le temps d’ajouter quelques mots à ce que je vous disais. J’accepte de grand cœur la candidature du parti républicain. Je ne vous fais pas de profession de foi, je craindrais de me rendre ridicule. Ce que j’étais à Belfort en 1822, à Paris en juillet 1830 et en février 1848 je le serai toute ma vie trop heureux d’avoir encore de bonnes et vigoureuses années à sacrifier au service de ma patrie et de la république.

Je fais ici partie du comité central républicain radical qui se mettra en correspondance avec vous et auquel déjà vous pouvez écrire à la salle du boulevard Bonne-Nouvelle puisqu’il est en permanence et trop heureux de tous les renseignements qu’il reçoit. Mettez si vous voulez le nom de M. Clément Thomas sur l’adresse.

J’ai vu hier Millard qui me cause le regret de ne pas vouloir se porter candidat ; il m’a donné des raisons que j’ai vainement combattues. Il m’a dit qu’il écrirait dans ce sens et qu’il prierait surtout ceux qui auraient voulu le nommer de porter leur voix sur moi.

Il me tenait le plus possible au courant de ce qu’il savait sur Troyes et c’est ce qui m’avait fait vous écrire. Je lui ai promis d’aller à Troyes aussitôt que nos élections de la garde nationale seront faites c’est-à-dire le 22 mars prochain. Jusque-là tenez moi au courtant et dites-moi tout ce qui concerne les élections et les intérêts du département de l’Aube.

Adieu mon cher Gadan, que cette lettre vous soit commune avec nos amis.


Salut fraternité et confiance


B. Pance
 

mercredi 11 décembre 2019

Gustave Basile Guillemin 1863-1925, sculpteur, dessinateur


L’Aube Illustrée  31 octobre 1886


« Mais passons à autre chose, au dessin que nous donnons ci-contre, qui représente un fragment du tombeau qui vient d’être élevé au cimetière à la mémoire d’un de nos concitoyens, M. Pillaveine.
Ce tombeau est l’œuvre de M. Gustave Guillemin, pensionnaire de la ville ; nous croyons devoir à ce propos rappeler les études et les succès du jeune artiste.
Gustave Guillemin, est né en 1863, près de Châtillon-sur-Seine. Elève de notre école de dessin, il a ensuite travaillé sous la direction de M. Boucher.
Admis au salon depuis 1883, il a exposé chaque année. Il a été reçu à l’école des beaux-arts, le 1er au concours de places en 1884.
Depuis il a obtenu plusieurs mentions aux différents concours et une médaille cette année.
Il est actuellement sous la direction de M. Falguière.
M. Guillemin est tout jeune – 23 ans à peine. Le tombeau de M. Pillaveine est son œuvre capitale. Il nous fait bien augurer de l’avenir de l’artiste qui l’a conçu et exécuté. »





Gustave Basile Guillemin est né en 1863 à Ampilly le Sec, décédé en 1925 à Douai.
Sculpteur, dessinateur, il a été professeur de dessin à l'école municipale de Cambrai et membre correspondant  de la Société Académique de l'Aube.

Son père Théodore Guillemin, sculpteur également, a été l'un des proches collaborateurs de Stanislas Baltet. Le Cercle Populaire se réunissait dans son atelier situé au 11, rue de la Paix à Troyes dans les années 1872-1873.
 Quelques années après, son atelier fut le siège des premiers syndicats ouvriers créés à Troyes sous l'impulsion du radical Stanislas Baltet. Il réalisa un buste de Marianne exposé lors d'une grande réunion politique organisée par les radicaux au Cirque de Troyes. Il participa au développement de la libre-pensée et des enterrements civils dans l'Aube et aux campagnes électorales qui virent l'élection de Stanislas Baltet au poste de maire de Troyes puis    à l'Assemblée Nationale en 1881.
 Attaqué par l'aile gauche des républicains, qui lui reprochèrent sa proximité avec Stanislas Baltet, une bourse accordée par la mairie de Troyes pour la poursuite des études artistiques de son fils et fortement ébranlé par le décès de sa fille, il abandonna peu après son activité politique.

 A mes chers parents

Musée Saint-Loup


Décès  deAnne Lise Guillemin le 14 novembre 1882, rue de la Paix, déclaration de son père et de Gabriel Zaigue, chef de bureau mairie de Troyes

mardi 3 décembre 2019

"Pauvre province" Journal de l'Aube 12 janvier 1831





Journal de l’Aube
N° 1318
12 janvier 1831

Pauvre province !

Quand on gratifie Paris d’une amélioration quelconque dans le service d’une administration publique, il y a tout à parier que cette amélioration devra tourner au préjudice de la province. C’était comme cela sous tous les ministres de Charles X, et il parait qu’il doit être encore longtemps ainsi. Paris est toujours la capitale, et nous autres32 millions seulement de contribuables, gens de la province, bons, un peu endormis, pas taquins, et pouvant servir à l’occasion de parias. Voilà un fait nouveau, grave dans ses conséquences, et pourtant inaperçu du grand nombre……
L’année dernière le courrier de Paris arrivait à Troyes, dans cette maison entre dix et onze heures. Les lettres étaient distribuées en ville entre onze heures et midi…
Mais voilà que tout est changé.
Le courrier de Paris n’arrive que très rarement avant une heure à Troyes, et c’est souvent à près de deux heures que la distribution se fait…
Voici donc le public et tout notre commerce empêché de répondre dans la journée…
C’est qu’il a été décidé, dans la capitale, que la taxe des lettres des départements, qui se faisait à l’arrivée à Paris, se fera dorénavant au départ dans chaque direction. (en province).
On surcharge d’un travail extraordinaire les directeurs de postes de nos départements pour alléger d’autant MM. Les employés de Paris qui pourront arriver plus tard encore à leur bureau, et qui auront deux heures de plus pour lire le Constitutionnel, voire même de préférence la Quotidienne et la Gazette…
Et il y a à Paris des journaux qui se disent de la France, des Tribunes qui se disent des départements, des Courriers qui se disent des communes, et pas un peut-être ne relèvera en deux lignes l’abus que nous signalons ici.

lundi 2 décembre 2019

Blanche Miroir, une actrice née à Troyes, à la création de la pièce d'Edmond Rostand : Cyrano de Bergerac




Cyrano de Bergerac

Comédie héroïque en 5 actes et en vers

Création le  : Théâtre de la Porte Saint-Martin (Paris)

Interprétation Coquelin aîné (Cyrano)

Volny (Christian de Neuvillette)

Maria Legault (Roxane)

Desjardins (Comte de Guiche)

Esquilar (Soeur Marthe)

Jean Coquelin (Raguenau)

Blanche Miroir (Lise)


Reprise

Interprétation Coquelin aîné (Cyrano)

Volny (Christian de Neuvillette)

Desjardins (Comte de Guiche)

Jean Coquelin (Ragueneau)

Gravier (De Castel-Jaloux)

Péricaud (1er cadet Montfleury)

Segond (Lebret)

Bouyer (3e cadet)

Walter (1er marquis)

Garay (Lignières)

Albert (Capitaine espagnol)

Armand Gérard (De Valvert)

Léonie Yahne (Roxane) puis Esquilar

Esquilar (Soeur Marthe)

Blanche Miroir (Lise)

Kerwick (La distributrice)

Bouchetat (La duègne)

Rafly (Mère Marguerite)

Chapelas (Soeur Claire)


Après la tournée aux USA la pièce a été jouée en 1901 au théâtre Sarah Bernhardt
1897 Théâtre de la Porte Saint-Martin (Paris) → ...
1900  → 
New York

dimanche 1 décembre 2019

Napoléon Ambroise Cottet 1808-1880





La belle curiosité intellectuelle d’un Troyen d’adoption, Daniel Cherouvrier, ingénieur des arts et métier, nous livre aujourd’hui un regard inattendu sur les mouvements de gauche à Troyes au XIXe. Venu à l’histoire politique à la faveur d’une vraie passion pour les relations sociales, il s’est penché sur un don étonnant : en 1995, Lloyd Wayne Gundy, citoyen américain, offre un ensemble épistolaire à la Bibliothèque municipale de Troyes.
Quarante lettres écrites entre 1855 et 1876 par Ambroise Cottet à son fils Jules Léon, émigré aux États-Unis : respectivement son arrière-arrière grand-père français et son arrière-grand-père devenu américain.
L’échange familial resterait banal si l’un et l’autre n’étaient des figures de la gauche troyenne. Les détails livrés par cette correspondance sont largement liés au milieu politique mais aussi au milieu économique troyen. Le talent de Daniel Chérouvrier est, au-delà de cette correspondance, d’avoir rassemblé en annexe un certain nombre de documents qui constituent une toile de fonds des gauches troyennes au XIXe siècle.
Notamment un annuaire de personnalités qui montrent paradoxalement l’amitié qui lie parfois des hommes de gauche et des patrons établis. Républicain fervent, Ambroise connaîtra deux fois l’exil en Algérie pour son oppostion à Napoléon III. Regardé comme un réprouvé par ses concitoyens, il trouvera un appui solide et durable en Emmanuel Buxtdorf, ingénieur devenu prospère industriel constructeur de métiers de bonneterie.
Deux belles figures
Mais quoi d’étonnant à cette fidélité réciproque ? L’un et l’autre se sont élevés grâce au mouvement d’éducation populaire et sur le terreau des valeurs de la Révolution. Fils d’ouvriers, Ambroise Cottet doit sa solide culture — et sa carrière — à l’enseignement d’Alexandre Leymerie, polytechnicien. Si une soixantaine d’autres figures troyennes dessinent la vie troyenne sous le Second Empire — et ses opposants républicains, socialistes, communistes, utopistes… (voir par ailleurs)-, ces lettres montrent deux belles figures, celles d’Ambroise et de Jules Léon. Le premier restera toute sa vie fidèle à l’idéal républicain. Le second, qui rêvait d’une société nouvelle au sein de la colonie Nauvoo, adoptera avec une belle sincérité son nouveau pays. Jusqu’à se battre deux ans, comme officier, dans les rangs unionistes.

- « Lettres à mon fils -1855-1876 » ou Napoléon-Ambroise Cottet, témoignage d’un intellectuel troyen, républicain et libre-penseur, sur le Second Empire et les débuts de la IIIe République. Édition raisonnée par Daniel Chérouvrier

Est-Eclair et Libération-Champagne