lundi 10 février 2020

Les débuts de Blanche Miroir sur les planches en Bretagne dans les années 1873




Portrait de Blanche Miroir
par A. Braun 

Article publié dans le journal
"Le Phare de Bretagne"  
2 mai 1883 
   
Les débuts de l'actrice Blanche Miroir, née Blanche Philippe née à Troyes en 1859 . Jeune ingénue à Lorient, en compagnie d'un chef d'orchestre Miroir qui prétendait être son père  dans les années  1873 ainsi que le relate le journaliste du "Phare de la Bretagne" dans un article publié après la tentative d'assassinat dont elle fut victime en 1883. Tentative qui fut relatée dans toute la presse.


dimanche 19 janvier 2020

Paul Passy, prosopographie par Jean Baubérot


  Paul Passy au sein de la colonie LIEFRA
Liberté Egalité Fraternité
Fontette, Saint Usage (Aube)


Passy Paul
Naissance Versailles (13 janvier 1859)
Décès Bourg-la-Reine (21 mars 1940)

Fils de l’économiste Frédéric Passy, prix Nobel de la Paix (1901), et de Mlle Sageret.
 Marié le 13 avril 1886 avec Édith Ivatts.
Études et formations
Dès son adolescence, Paul Passy se passionne pour la phonétique.
Sa thèse de doctorat sur les « Changements phonétiques » (1891) lui vaut le prix Volnay de l’Institut (1892)
Parcours professionnel, responsabilité à l'EPHE
Directeur d’études à la section des sciences historiques et philologiques de l’EPHE, Paul Passy est un des inventeurs des méthodes structurales en phonologie. Il participe à l’élaboration de l’alphabet phonétique international et milite pour une « orthographe simplifiée ».
Parmi ses élèves, on note le phonéticien britannique Daniel Jones qui écrira de lui : « He succeeded in establishing phonetics as a ‘living’ science ».
Parcours professionnel hors EPHE
Co-fondateur de l’Association phonétique internationale, en 1886, il en est longtemps le secrétaire général, puis, à partir de 1927, le président.
Publications principales
Dictionnaire phonétique de la langue française (avec H. Michaelis), 1897.
De la méthode directe dans l’enseignement des langues vivantes, 1899.
Souvenir d’un socialiste-chrétien, 2 tomes, 1930-1932.
Engagements
Dès les débuts de sa carrière, Paul Passy accepte des femmes à ses cours.  En 1913, il est révoqué de son poste pour avoir prôné la « désertion en masse » en réplique à la « loi de trois ans ». Il est réintégré en 1917.
Converti au protestantisme le 29 décembre 1878, Passy ne tarde pas à devenir prédicateur laïc de l’Église évangélique baptiste. Lors de l’Affaire Dreyfus, il adhère à la Ligue des Droits de l’homme et au groupe socialiste de Bourg-la-Reine (1898). Il devient membre du Parti Socialiste SFIO lors de sa création en 1906. En 1908, il fonde l’Union des Socialistes Chrétiens qui regroupe les personnes qui « voient dans les principes socialistes la traduction la plus pratique du programme évangélique en termes économiques », quelques centaines de membres, majoritairement protestants, en France, Suisse romande et Belgique. Il est le rédacteur en chef de sa publication L’Espoir du Monde.
En 1909, Passy crée la colonie agricole de Liéfra (pour Liberté-Égalité-Fraternité) près de Fontette (Aube) où la terre, propriété collective, est exploitée d’une façon commune ou répartie en lots familiaux.
Malgré son pacifisme, Passy estime, pendant la guerre 1914-1918, que la France se bat en état de « légitime défense ». Très vite, il prend des positions antibolchéviques. Son socialisme se teinte d’anarchisme : il critique certains aspect du machinisme, notamment plusieurs produits industriels et alimentaires qu’il estime frelatés ou malsains. Il lutte contre les accidents de la route et devient un adepte convaincu du naturisme.
Publications au sujet de la personne
Jean Baubérot, Le retour des huguenots, la vitalité protestante au XIXe-XXe siècles, Paris-Genève : Cerf-Labor et Fides, 1985.
Enrica Galazzi, « Le combat des jeunes phonéticiens : Paul Passy », Cahiers Ferdinand de Saussure 46 (1992), p. 115-129.
André Berelowitch, « À la rencontre des savants », dans : Céline Trautmann-Waller (dir.), De la philologie allemande à l'anthropologie française. Les sciences humaines à l'EPHE (1868-1945), Paris : Champion, 2017, p. 28-29.
Auteur de la notice
Jean Baubérot


Une soeur de Paul Passy a été la première épouse du fils du préfet républicain de l'l'Aube Denis Dominique Farjasse.
https://troyes-en-champagne.blogspot.com/2013/03/didier-dominique-farjasse-prefet-de.html

samedi 11 janvier 2020

Future cité du Vitrail à Troyes ouverture prévue 2021

    Retrait des palissades après la rénovation des murs externes de l'ancien Hôtel-Dieu




  Niche pour le tour exposition destiné aux enfants abandonnés (rue de la Cité)



lundi 23 décembre 2019

Fontaine place du Préau






La fontaine de la place du Préau 
vient d'être installée
œuvre sobre et dépouillée qui ne cherche pas à rivaliser avec l'oeuvre de Mathurin Moreau
 réalisée par la fonderie du Val d'Osne :la fontaine Argence.
La fontaine du Préau a été réalisée par la fonderie GHM de Sommevoire, issue de la fonderie d'Antoine Durenne, l'un des promoteurs de la fonte d'art dont certains modèles sont encore visible au "Paradis" de Sommevoire..

samedi 21 décembre 2019

Avis aux Dames de la modiste Korzeniewska-Duquairoux Troyes 1846



Rosalie Madeleine Duquairoux originaire de Brienne-le-château a épousé à Troyes le 9 septembre 1843 un militaire polonais réfugié Jean Népomécène Stanislas Sigismond Korzeniewski.
En novembre 1846 elle publie dans le journal "Le Propagateur" un avis aux Dames.
De retour de Paris, elle dispose d'un "joli choix de mode, de chapeaux et capotes en soie et velours" à des prix très modérés.
Elle fabrique des chapeaux de paille d'Italie et confectionne les coiffures de bals et soirée.
Elle  dépose le 5 mai 1852 un brevet pour des perfectionnements apportés à la fabrication des chapeaux de paille
 Elle est l'une des sœurs d'un prodige mathématicien François Duquairoux

 né le 20 mars 1823 à Brienne le château, fils de Gaspard Duquairoux, menuisier et Marie Madeleine Duc. Repéré en 1830 par la Société académique de l’Aube comme un enfant très doué en calcul. Une délégation d'académiciens se rend à Brienne pour constater les capacités remarquables de cet enfant. Un compte-rendu  est publié dans les Mémoires de la Société.
Il publie à Troyes trois ouvrages en 1854 :
-  Préparation à la science, 32 pages – imprimerie Cardon ;
-  Instructions catholiques,  58 pages même éditeur
-  Les six jours de la création – Evangile de l’esprit – même éditeur.
Il est  un accordeur de piano réputé sur Troyes et disparaît avant  la fin des années 1850 sans laisser de traces ( jusqu'à présent).
L'un de ses  frères aînés, Louis Duquairoux, est un facteur de piano célèbre à Paris...
Le décès de Madame Veuve Korzeniewska, née Duqairoux est publié le 15 septembre 1907 dans le Bulletin polonais, littéraire, scientifique et artistique de l'Association des anciens élèves de l'école polonaise parisienne.
 Elle est décédée le 22 août 1907 à Asnières à l'âge de 93 ans.

mardi 17 décembre 2019

Climat politique à Troyes au mois de mai 1833


Lettre adressée à M. André Marchais,
9, rue Louis le Grand à Paris


Troyes, le10 mai 1833
J’ai reçu mon cher ami, hier à Troyes la lettre par laquelle tu me convoques chez toi, voilà mon motif d’excuse pour avoir manqué à la réunion.
Je me suis sauvé de Paris beaucoup plus vite, que je l’avais cru d’abord et les embarras du départ m’ont empêché d’aller te voir.
J’ai trouvé la ville de Troyes diablement tiède mais il y a de bons éléments que je vais tacher de réchauffer. Pour cela j’ai commencé par ce qu’il y a de plus influent et je me suis mis en demeure de convoquer l’Association de la presse qui votera tout ce que je lui demanderai.
J’ai déjà trouvé un brave homme qui se chargera de couvrir à lui tout seul la cotisation que j’ai votée. J’utiliserai sa bonne disposition. Ma réunion est indiquée pour mercredi prochain.
Je te serais bien obligé de m’envoyer d’ici là le procès-verbal de nos délibérations à l’adresse de M. St Amant, rédacteur du Progressif de l’Aube à Troyes.
Tu ferais bien de me joindre aussi les renseignements nouveaux que tu peux avoir sur l’étendue de l’association.
Il est question aussi d’une plus grande extension à donner à notre petit journal qui entre complétement de nos idées. Ce projet de correspondance serait admis ici avec enthousiasme et pour ma part j’y ferai de mon mieux.
Tu me diras quel effet produit la circulaire, ici on la trouve fort bien et plutôt encore trop forte que trop faible.
La gravité qui y règne est fort du goût de nos hommes les plus avancés et je me félicite du résultat. Ce sera un bon coup de fouet de donné à l’association.
La fête de Louis Philippe s’est passée ici au gré de mes vœux. Ceux qui veulent voir ont pu se convaincre du refroidissement complet des sympathies qui dans le premier temps avaient été si vives.
Si tu avais des nouvelles de notre grand marchand de bois tu m’obligerais bien de m’en donner. Je lui ai écrit par Chevallon mais il ne m’a pas encore répondu.
J’ai voulu batailler ici sur les attributions municipales mon premier article se trouve tout net en contradiction avec La Tribune et j’en ai promis un second.
Le diable se mêle de l’affaire mais je ne puis renoncer à mon opinion.
Le journal ministériel m’attaque presque quotidiennement. J’ai supporté longtemps ses cris mais je ne sais si j’y tiendrai.
Je crois que je vais prendre le parti de lui donner quelques croquignoles mais par malheur il est trop bête.
Je suis encore ici jusqu’au 25, époque à laquelle je retournerai à Paris. Je me divertis que fort médiocrement mais pour que l’affaire marche j’y mettrai tous mes soins. Entre nous ton collègue M. Stourm a perdu considérablement de son crédit ici.
Mon cher ami,  réponds moi de suite.
Tout à toi.


Benjamin Pance

André Marchais était le secrétaire de l'association Aide-toi, le ciel t'aidera. Société de tendance libérale fondée au mois d'août 1827 dans le but d'agir sur le corps électoral par des correspondances et des publications. Elle était ainsi destinée à la formation politique des électeurs pour les législatives annoncées en novembre et à coordonner l’action des libéraux, tant monarchistes (doctrinaires) que républicains (démocrates), afin que l'opposition obtienne un maximum de sièges. 

François Benjamin Pance, préfet républicain sous la Deuxième République d'origine auboise

Né le 22 nivôse an 8 (17 janvier 1800) à Boulogne Billancourt ; mort le 15 mai 1851 à Nice. Conspirateur carbonariste et militant républicain sous la monarchie de Juillet, avocat, écrivain, journaliste, préfet.
Fils de François Pance, notaire public à Boulogne-Billancourt, et de Romaine Viault originaire de Rigny-le-Ferron dans l’Aube, François Benjamin Pance séjourna avec sa mère dans l’Aube après le décès de son père en 1811, puis il intégra le collège Sainte Barbe à Paris. Il y eut pour condisciples Guinard, futur major général de la Garde nationale de Paris, Thomas, futur directeur-gérant du National et Godefroy Cavaignac, qui allait devenir le principal dirigeant de l’opposition républicaine après 1830. Il évoqua cette période de sa vie dans le premier tome de Paris révolutionnaire, dans le chapitre consacré aux étudiants.
Il participa à la conspiration civile du 19 août 1820. Membre de la loge maçonnique des Amis de la vérité et président d’une vente de la Charbonnerie, il fut poursuivi au procès de Colmar en 1822.
Durant les premières années de la monarchie de Juillet, il édita de petites publications destinées à l’éducation politique du peuple pour lesquelles il reçut avec Étienne Cabet* 60 F du Comité central de l’Association pour la liberté de la presse en juillet 1833.
De retour à Troyes dans le courant des années 1830 pour y exercer son métier d’avocat, il devint l’éditorialiste du journal Le Progressif de l’Aube et figura au nombre des défenseurs des accusés d’avril 1835.
Après la Révolution de février 1848, il se porta candidat à la Constituante dans l’Aube et obtint un score honorable de 8 000 voix mais ne fut pas élu. Les républicains locaux demandèrent alors sans succès sa désignation comme délégué du Gouvernement. Il fut nommé préfet de la Haute-Marne de juin à juillet 1848, puis préfet de la Sarthe de juillet 1848 à novembre 1849 avant d’être remercié : il avait reçu plusieurs avertissements pour ne pas avoir exercé une surveillance bien active à l’égard du parti exalté.
François Pance mourut à Nice en 1851.

(extrait du "Maitron")

Pour confirmer, les liens de Pance avec les républicains troyens voici une lettre adressée par Benjamin François Pance à Jean François Gadan le 13 mars 1848



Mon cher citoyen,

Nos lettres se croisent comme nos personnes. La mienne vous doit être actuellement parvenue. Et je n’ai que le temps d’ajouter quelques mots à ce que je vous disais. J’accepte de grand cœur la candidature du parti républicain. Je ne vous fais pas de profession de foi, je craindrais de me rendre ridicule. Ce que j’étais à Belfort en 1822, à Paris en juillet 1830 et en février 1848 je le serai toute ma vie trop heureux d’avoir encore de bonnes et vigoureuses années à sacrifier au service de ma patrie et de la république.

Je fais ici partie du comité central républicain radical qui se mettra en correspondance avec vous et auquel déjà vous pouvez écrire à la salle du boulevard Bonne-Nouvelle puisqu’il est en permanence et trop heureux de tous les renseignements qu’il reçoit. Mettez si vous voulez le nom de M. Clément Thomas sur l’adresse.

J’ai vu hier Millard qui me cause le regret de ne pas vouloir se porter candidat ; il m’a donné des raisons que j’ai vainement combattues. Il m’a dit qu’il écrirait dans ce sens et qu’il prierait surtout ceux qui auraient voulu le nommer de porter leur voix sur moi.

Il me tenait le plus possible au courant de ce qu’il savait sur Troyes et c’est ce qui m’avait fait vous écrire. Je lui ai promis d’aller à Troyes aussitôt que nos élections de la garde nationale seront faites c’est-à-dire le 22 mars prochain. Jusque-là tenez moi au courtant et dites-moi tout ce qui concerne les élections et les intérêts du département de l’Aube.

Adieu mon cher Gadan, que cette lettre vous soit commune avec nos amis.


Salut fraternité et confiance


B. Pance