dimanche 3 février 2019

Jean Haremza, Sainte-Savine 1925, Blois 2008, enseignant, syndicaliste


Extrait du  "Maitron", ouvrage de référence pour tous les personnages dignes d'intérêt pour leur engagement dans la vie sociale, syndicale ou politique et qui nous a fourni ce texte détaillé de sa biographie: 



HAREMZA Jean, Sigismond

Né le 1er mars 1925 à Sainte-Savine (Aube), mort le 20 mai 2008 à Blois
(Loir-et-Cher) ; professeur puis directeur d’école normale d’instituteurs ;
militant syndicaliste et associatif, membre du bureau national, secrétaire
de la commission pédagogique, secrétaire général adjoint du Syndicat
national des professeurs d’école normale ; militant de France-Pologne et de
France-Tchécoslovaquie.
Jean Haremza était l’un des trois fils d’une famille d’immigrés polonais qui
s’installèrent au milieu des années 1920 dans des baraquements, à
Sainte-Savine, commune industrielle limitrophe de Troyes. Son père,
Sigismond, né en 1897, avait combattu les Russes bolcheviks et avait trouvé
un emploi à la bonneterie Gillier où il travailla jusque dans les années
1960. Sa mère, Françoise Paszynka, née en 1901 en Ukraine, mourut à l’âge de
102 ans. Élevé dans une famille respectueuse de la tradition catholique mais
non pratiquante, Jean Haremza, dès l’âge de quatre ans, savait lire et
écrire le polonais que sa mère lui avait appris dans son livre de messe.
C’est donc à l’école maternelle puis à l’école élémentaire Jules Ferry de sa
commune, accueillant une population composée pour une bonne moitié
d’immigrés (Polonais, Italiens, Espagnols, Portugais, Belges…) qu’il apprit
le français. Ce bilinguisme lui servit beaucoup par la suite et d’abord, dès
son adolescence, pour aider les nombreux immigrés polonais à remplir leurs
papiers. Durant toute sa vie, il conserva des liens avec le pays d’origine
de sa famille, sa langue et sa culture. Durant son enfance, il fit à
plusieurs reprises le voyage en Pologne ; plus tard, il eut l’occasion d’y
retourner souvent notamment dans le cadre de ses activités à France-Pologne.
Jean Haremza estimait devoir beaucoup au directeur de son école, Camille
Guinot, qui l’encouragea à poursuivre sa scolarité après le certificat
d’études primaires. Au lieu d’aller travailler en 1937 à l’usine de
bonneterie où il avait été pré-embauché dans la comptabilité, il entra au
cours complémentaire et, sa famille ayant été naturalisée en mars 1939, il
devint élève-maître en 1941 au lycée de Troyes, les écoles normales
d’instituteurs ayant été supprimées par l’État français de Vichy. Mais, en
1943, il perdit sa qualité d’élève-maître car non Français « de souche » ;
il obtint néanmoins la première partie du baccalauréat. L’évêque de Troyes,
Mgr Le Couëdic, lui offrit alors un poste d’enseignant polyvalent dans une
institution privée ; cependant, grâce à une souscription du Syndicat
national des instituteurs clandestin, il put entrer, après la rentrée
scolaire, en classe terminale de philosophie, alors qu’il aurait voulu faire
mathématiques élémentaires, et obtenir le baccalauréat. À cette époque, il
rencontra Lucienne (dite Lilette) Malterre, fille d’institutrice, qu’il
épousa civilement à Sainte-Savine, le 28 décembre 1948, et avec laquelle il
eut une fille, Isabelle, et un fils, Sylvain.
En décembre 1944, Jean Haremza, ayant retrouvé sa qualité de boursier, entra
au collège Chaptal de Paris, pour préparer le concours d’entrée à l’École
normale supérieure de Saint-Cloud, qu’il intégra en 1947 dans la section
lettres. Avec Lilette, qui avait intégré l’ENS de Fontenay-aux-Roses une
année plus tôt, il effectua un stage d’un an dans la zone d’occupation
française en Allemagne, à Fribourg-en-Brisgau. A la fin de sa scolarité, ne
pouvant préparer l’agrégation de lettres modernes qui n’existait pas encore,
il commença à préparer une thèse sur Mickiewisz en France avec Charles
Dédeyan.
En 1951, à sa sortie de l’ENS, Jean Haremza fut nommé professeur de lettres
au lycée d’Hénin-Liétard (Nord) puis, peu de temps après, à l’École normale
d’instituteurs de Douai, où avait exercé son épouse, ville où ils allaient
rester en poste durant 20 ans. Ces deux décennies de professorat furent
interrompues l’espace d’une année, en 1955, quand Jean retourna à l’ENS pour
préparer le concours d’inspecteur primaire et/ou de directeur d’EN.
Dès le début de son activité professionnelle, Jean Haremza milita au
Syndicat national des professeurs d’écoles normales. En 1952, il devint
secrétaire de la section de l’EN de Douai puis secrétaire adjoint de la
section départementale du Nord et fut élu au bureau national en 1958, au
congrès de Clermont-Ferrand, parmi les trois militants (sur 15) qui étaient
proches de l’orientation « Bouches-du-Rhône » à la FEN. En 1964, il devint
membre de la section permanente du BN, trésorier adjoint, en tant que tête
de la liste « Pour la reconstitution de l’Unité syndicale ». En 1967, il fut
élu secrétaire adjoint de la commission pédagogique ; en novembre 1968, il
fut réélu au BN comme tête de la liste « Unité et Action » et en avril 1969,
lors de la réorganisation du BN, suite à la mise en minorité du rapport
d’activité de la direction, il devint secrétaire général adjoint, secrétaire
de la commission pédagogique, au côté de Jean Rojat (autonome), élu
secrétaire général, succédant à Henri Rogniaux. Il siégeait également durant
cette période comme membre suppléant à la commission administrative fédérale
au titre de la section départementale du Nord et était commissaire paritaire
national des certifiés, élu en 1965. En mai-juin 1970, Jean Haremza,
partisan de l’union syndicale, était second de la liste « Union pour un
programme commun » représentant la majorité du BN, conduite par Rojat, liste
qui fut majoritaire (53,6 %), entraînant un changement décisif
d’orientation, à l’époque où d’autres syndicats nationaux de la FEN venaient
de connaître la même évolution : après le SNES en 1967, le SNEP, le SNESup,
le SNCS. À la rentrée 1970, Jean Haremza fut cofondateur, membre de la SARL
de la revue Unité et Action. Après le congrès de Troyes de 1971, il n’était
plus que membre du BN du SNPEN mais se félicitait dans la revue U&A des
progrès de la nouvelle direction unitaire, Jean Tanguy (U&A) étant devenu
secrétaire général. À la rentrée 1971, il n’apparaissait plus dans
l’organigramme du SNPEN ; il avait en effet été nommé directeur de l’EN de
Blois sur l’insistance de Jean Deygout, directeur des personnels au
ministère, qu’il avait connu à l’ENS de Saint-Cloud (promotion 1949).
Directeur des deux EN de garçons et de filles du Loir-et-Cher jusqu’à sa
retraite prise en 1990, il milita alors au Syndicat national des directeurs
d’EN dont il devint membre du bureau.
Selon Jean Haremza, le combat du SNPEN permit des avancées significatives
après 1968 dans le domaine de l’élévation et l’amélioration de la formation
des instituteurs et institutrices et de celle de leurs formateurs et
formatrices. Ainsi une audience du SNPEN (Rojat et Haremza) d’Edgar Faure en
pleine nuit, le 6 mai 1969, déboucha sur la décision de ne plus préparer le
baccalauréat dans les EN et d’en faire de véritables centres de formation
des maîtres, préparant les futurs instituteurs en deux années après le
baccalauréat obtenu en lycée. Cette avancée dans le domaine de la formation
initiale fut complétée par la mise en place de la formation continue des
instituteurs titulaires et celle accélérée des instituteurs remplaçants.
Jean Haremza estimait cependant, en 1971, que les deux années de formation
après le baccalauréat étaient insuffisantes et qu’il fallait y ajouter dans
un premier temps une troisième année, permettant un accord avec le SNI, dont
la revendication avait évolué. Mais pour l’élévation du niveau scientifique
et pédagogique, pour la participation directe de l’enseignement supérieur à
la formation des instituteurs, pour la réduction de la polyvalence, le SNPEN
avait trouvé des alliés dans les trois syndicats (SNES, SNEP, SNESup) avec
lesquels il avait organisé en février 1971 des Assises nationales sur la
formation des maîtres, préparées par des réunions décentralisées, à partir
d’une analyse critique du projet d’instituts de formation de maîtres du
ministre Olivier Guichard et d’objectifs communs, publiés dans le bulletin
de janvier du SNPEN, Former des maîtres. Cette alliance allait se poursuivre
et déboucher en 1973 sur une plate-forme commune plus précise et la
publication d’une brochure Former des maîtres pour notre temps.
Le SNPEN obtint également d’Olivier Guichard en janvier 1970 une
modification essentielle de la nature du service des professeurs d’EN,
tenant compte du caractère particulier de leur travail : 6 heures
forfaitaires décomptées dans leur service hebdomadaire pour leurs
interventions sur le terrain. Le ministre implanta aussi à la demande
pressante du SNPEN une EN dans chaque nouveau département de la région
parisienne.
Devenu directeur d’EN, Jean Haremza continua de s’impliquer activement dans
l’amélioration de la formation académique et professionnelle des
instituteurs et de leurs formateurs, ce qui constitua le combat de sa vie.
Il multiplia les expériences sur le terrain. Il chercha à développer la
rencontre d’étudiants étrangers, en leur rendant visite (notamment au Maroc
avec l’Inspecteur général Marcel Rouchette, auteur d’un plan de rénovation
de l’enseignement du français) et en les accueillant dans son école
(Marocains, Japonais, Singapouriens, Suédois, Américains de Dartmouth
college, Luxembourgeois…). Dans le même esprit, il ouvrit en 1977 son école
à la création du Centre départemental universitaire pour le troisième âge du
Loir-et-Cher, devenu Université du temps libre. Dans les années 1980, il
favorisa la création de la Classe patrimoine Blois-Chambord, en lien avec la
Caisse des Monuments historiques, pour construire une maquette modulaire du
château destinée aux malvoyants. Il estimait à la fin de sa carrière que le
bilan des écoles normales était largement positif et que Lionel Jospin avait
cassé le mouvement en les supprimant et en créant les Instituts
universitaires de formation des maîtres. Quand le SNUDEN se transforma en
Syndicat national des directeurs des Instituts de formation des maîtres, il
en demeura membre du BN, puis il siégea à celui du Syndicat national des
inspecteurs pédagogiques régionaux et des inspecteurs d’académie, créé en
1993 et s’occupa des retraités.
Parallèlement, Jean Haremza, ayant fait partie d’un mouvement politique de
la Nouvelle gauche luttant contre la guerre d’Algérie, avait adhéré comme
son épouse, au Parti communiste français en 1957. Il participa à Douai à la
rédaction d’un journal Le Point avec d’autres enseignants communistes. Il
milita à l’association France-Pologne durant une quarantaine d’années à
partir du début des années 1960. Il y était entré via l’Association
Oder-Neisse, auprès de Georges Castellan, et adhéra à France-République
démocratique allemande dont ce dernier fut président. En juillet 1962, il
accompagna une cinquantaine de mineurs silicosés invités dans une maison
syndicale de Szczawnica près de Zakopane. À la demande de Luce Langevin, il
représenta l’Université française à l’inauguration du lycée
Marie-Curie-Slodowska à Gdansk à la Toussaint 1967. Dans cette association
créée par Joliot-Curie à la Libération, où se retrouvaient des personnalités
politiques très diverses, allant de Maurice Schumann et Gaston Palewski aux
dirigeants communistes, en passant par Léo Hamon, Michel Crépeau ou Edgar
Faure, il participa à tous les congrès nationaux et rédigea souvent les
motions finales devant tenir compte de toutes les sensibilités. Président
délégué adjoint au côté de Maurice Bouvier-Adam, il organisa le congrès en
1983 au château de Blois. Dans les années 1960, Jean Haremza milita
également à France-Tchécoslovaquie, association à laquelle son épouse avait
été la première à adhérer. Il accompagna essentiellement des voyages
touristiques. Militant par ailleurs dans le Mouvement de la Paix, il
participa en 1977 à Varsovie au Congrès international des constructeurs de
la Paix.
Sa retraite prise, Jean Haremza ayant quitté le PCF dans les années 1980,
s’impliquait dans diverses associations, était membre fondateur de
l’Association pour le patrimoine culturel et sa pédagogie, militait au
Centre intercommunal d’action sociale, appartenait au comité de rédaction de
A tou tâge et au Comité des sages de Blois pour réfléchir au projet de «
Blois-2020 ». Adhérent de l’Association des élèves et anciens élèves des ENS
Fontenay-aux-roses et Saint-Cloud puis Lyon, il en fut un membre très actif,
élu du bureau, vice-président puis président d’honneur, et il animait encore
avec son épouse la Régionale Centre quand survint brutalement son décès.
Outre des récits autobiographiques, le bulletin de l’association publia de
nombreux témoignages d’amitié et de sympathie d’anciens élèves et collègues
en hommage à cette forte personnalité, humaniste et pédagogue engagé.

SOURCES : Arch. IRHSES. — Récits autobiographiques de l’intéressé et
témoignages in Bulletin de l’Association des élèves et anciens élèves des
ENS de Lyon, Fontenay-aux-Roses et Saint-Cloud, 2008/2. — Sites Internet. —
Notes de Jacques Girault et Robert Prosperini. — Renseignements fournis par
son épouse.

Alain Dalançon

mercredi 30 janvier 2019

Louis Gravelle de Dosches à Troyes

De la ferme Martin à Dosches en 1906 à une usine à Troyes en 1907


Ouvriers devant une usine troyenne en 1907 - carte postale
 
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Louis Gravelle, ouvrier assis au premier rang à gauche sur la photo, tient un chien sur ses genoux. Il écrit en 1907 cette carte postale à l'intention de Julia Graveron demeurant dans le Doubs à Voujeaucourt. Il l'invite à revenir à Troyes pour prendre le train et se rendre à Dosches où il espère pouvoir danser encore un peu avec elle. Il lui donne des nouvelles de sa famille qui a déménagé sur Troyes et de plusieurs personnes Joseph L'heureux, Gaston... qui ont également quitté ce lieu.

Le recensement de la population effectué à  Dosches en 1906 permet de préciser les relations qui ont existées entre ces personnes.

Elles travaillaient en 1906 dans la ferme d'un agriculteur Joseph Martin située dans le hameau de Rosson. Joseph L'heureux né à Paris en 1864 était le jardinier, il vivait avec sa femme Ernestine et son fils Marcel né en 1889;  Gaston Oudin né en 1890 à Villemoiron était le cocher, Julia Graveron née en 1887 à Voujeaucourt était la femme de chambre.

 Louis Gravelle né en 1890 à Dosches fils de Victorine Beuve et de feu Xavier Vincent Gravelle vivait avec sa mère Victorine et son second mari, Denis Gauderon, né en Suisse et travaillant comme vacher chez Martin.

(cette carte postale a été retrouvée en 2011 chez un vendeur de cartes postales habitant dans le Doubs).


I've just bought this postcard from a seller living in the departement Doubs.
The card was sent by one of the workers standing in front of a factory in Troyes. He was the one on the left of the first rank with a poodle on his knees. He wrote to a young lady Julia Graveron and gave news about several people, he asked the girl to come back so they could dance together one more time.
The 1906 population census for the village Dosches gives some informations about the relations between them.

jeudi 24 janvier 2019

Petits jardins sous la neige





Vallée suisse et jardin du Rocher sous la neige janvier 2019

mercredi 23 janvier 2019

Dialogue social dans la papeterie Fléchey à Troyes décembre 1822


  



 Fin du conflit social dans la papeterie de MM. Fléchey 
 Troyes
décembre 1822

« Le 10 de ce mois, M. le Procureur du Roi, dont le zèle infatigable dans ses fonctions se manifeste avec empressement dans toutes les occasions qui intéressent le commerce de cette ville, informé par la Police, que les ouvriers coalisés de la papeterie de MM. Fléchey ne travaillaient point depuis plusieurs jours, et laissaient chaumer (sic) cette fabrique, sous prétexte que leurs maîtres voulaient modifier leurs anciens usages, et leur imposer des conditions plus onéreuses, se transporta dans cette usine avec un des commissaires et des agents de police.
Ce magistrat réunit les maîtres, contre-maîtres et ouvriers des deux sexes, au nombre de soixante environ dans un des ateliers : il reçut leurs plaintes, écouta leurs observations, s’entretint longuement avec eux sur leurs prétentions respectives, leur lut la loi du 2 septembre 1796, sur les papeteries, contenant les devoirs réciproques des maîtres et ouvriers, l’abolition des usages et de privilèges abusifs ; il leur fit connaître aussi les dispositions rigoureuses des articles du code pénal sur les coalitions d’ouvriers pour faire cesser le travail dans les fabriques. M. le Procureur du Roi déclara aux ouvriers que par le seul fait de la discontinuation de leurs travaux, ils étaient passibles des peines sévères prononcées par la loi ; il leur dit que si le nouveau règlement dressé par leurs maîtres ne leur convenait pas, s’il lésait leurs droits, ils pouvaient s’adresser, pour le faire réformer, soit à la juridiction paternelle du conseil des prud’hommes, soit à M. le juge de paix ; mais que dans aucun cas, et sous aucun prétexte, ils ne devaient cesser leurs travaux, ne s’imposer entre eux des amendes, défenses, interdictions, etc.
Ces ouvriers qui avaient méconnu l’autorité de leurs maîtres, jusqu’à leur manquer d’égard et de respect, malgré leurs bons procédés pour eux, qui paraissaient déterminés à ne point se soumettre, écoutèrent avec calme et intérêt les justes remontrances  qui leur furent faites. M. le Procureur du Roi dicta en leur présence le procès-verbal de son transport, et ne leur laissa point ignorer qu’ils seraient traités sans ménagement s’ils ne rentraient de suite dans le devoir. Tous les ouvriers se trouvèrent le lendemain à quatre heures du matin, à l’appel, à leurs postes : depuis ce moment la fabrique est en pleine activité ».

publié le 15 décembre 1822
 dans le « Journal politique du département de l’Aube »


Le Procureur du Roi a rappelé le contenu de l'Arrêté du Directoire exécutif du 16 Fructidor an 4 (2 septembre 1796) destiné à réprimer les usages des ouvriers papetiers contraires à l'ordre public : de chômer des fêtes de coteries ou de confréries, de s'imposer mutuellement des amendes, de provoquer la cessation absolue des travaux des ateliers, d'en interdire l'entrée, d'exiger des sommes exorbitantes des propriétaires...

dimanche 20 janvier 2019

Jules Doussot, libraire-éditeur de cartes postales et musicien 1848-1913







Le Petit Courrier de Bar-sur-Seine
Publie le mardi 2 septembre 1913, compte-rendu des obsèques  le dimanche 31 août,  du libraire éditeurs de cartes postales Jules-François Doussot,  décédé 28 août 1913  à l’âge de 67 ans à Paris 14ème, avec le discours prononcé par le maire :


 « Né à Bar-sur-Seine, le 16 février 1846, Jules Doussot y passa presque toute son existence, donnant à sa passion et à son culte pour la musique le temps que lui laissaient ses préoccupations  professionnelles. Possédant à fond la science musicale et doué d’un réel talent apprécié des connaisseurs, il fut aussi bien exécutant que professeur, chef de musique et même compositeur. Aussi loin que nous remontions dans nos souvenirs, nous le voyons d’abord membre de la Société Philarmonique de Bar-sur-Seine puis directeur de la Chorale de la verrerie et, entre temps, fondant avec son vieil ami M. Pétry et une phalange d’artistes, la vaillante société la Cécilia  qui charma pendant longtemps les oreilles barséquanaises et dont les échos du Croc-Ferrant retentissent encore des concerts si goûtés qu’elle y donnait.
Organiste de notre vieille église pendant plus de 40 ans, il ne faisait qu’un pour ainsi dire avec son cher  instrument qui était pour lui plus qu’un ami, dont il connaissait toutes les ressources et dont il savait si bien mêler la voix grave et expressive à la douleur des uns, à la joie des autres, fidèle accompagnateur de toutes les cérémonies qui s’y déroulaient.
Mais Jules Doussot fut aussi un modeste et si le ruban violet fut placé à juste titre sur sa poitrine (1), si le mandat de conseiller municipal lui fut confié par ses concitoyens il ne fît aucune démarche pour obtenir ces honneurs qui lui vinrent tout naturellement…
Au nom de tous vos collègues du Conseil municipal, au nom de tous vos amis et de tous ceux que vous avez aidés si obligeamment de vos conseils. »

Le Maire, Charles Moreau

(1) Le  Le 24 mai 1899, fut publié l’arrêté de nomination aux Palmes académiques, au grade d’officier d’Académie,   de Jules Doussot

dimanche 13 janvier 2019

Joseph Mignot, le dernier des icariens troyens 1811-1889




MIGNOT Joseph
 Né le 29 novembre 1811 à Messon (Aube), décédé le 6 août 1889 Prescott, Adams, Iowa, cordonnier.
Il  part pour les États-Unis le 10 février 1854 et arrive à Nauvoo le 26 mars.
Joseph Mignot  est employé comme cuisinier et comme bûcheron. Détaché dans l’Iowa en avril 1855 il prépare l’installation d’une nouvelle colonie.
De retour à Nauvoo en 1856, Joseph Mignot rejoint les opposants à Cabet. Il demande la citoyenneté américaine le 11 octobre 1856.
Quand les Icariens de la majorité s’installent à Corning (Iowa) entre 1858 et 1860, Joseph Mignot les accompagne. il reste le cordonnier de la communauté en dépit des récriminations contre la qualité de ses souliers. Il figure sur la photo des derniers icariens prise en novembre 1887.
Il décède le 6 août 1889 Prescott, Adams, Iowa.


cf.  plaque commémorative cimetière des icariens français.

Icarian Memorial

Found on Find A Grave.com. Memorial at Icarian Cemetery, Corning, Adams County, Iowa, USA. Photo contributed by, Joe Covery on2 Jun 2012

voir d'autres photos sur ce blog
https://troyes-en-champagne.blogspot.com/2013/01/1887-un-troyen-parmi-les-derniers.html

mardi 8 janvier 2019

Cartes postales Pétry-Doussot Bar sur Seine

 Moulin de Bar sur Seine
cliché A. Pétry, J. Doussot

 Des cartes postales des environs de Bar-sur-Seine sont légendées : cliché A. Pétry, J. Doussot éditeur.
Il s'agit de Alexandre PETRY, un horloger photographe ( dénommé  Louis Médard Hector Pétry pour l'état-civil lors de sa naissance  en 1824 à Semur en Côte d'Or et lors de ses deux mariages...) et de son ami Jules DOUSSOT, libraire. Tous deux exercent leur profession à Bar-sur-Seine, leurs boutiques étant  situées dans la Grande Rue.
Le premier Alexandre Pétry se fait remarqué pour ses talents de photographe en 1860 lors de la grande exposition régionale de Troyes du 6 mai au  9 juillet1860 qui lui décerne une médaille vermeil pour ses clichés. Les deux associés animent également la vie musicale sur Bar-sur-Seine, Pétry est sous chef d'orchestre selon l'Annuaire de l'Aube en 1872. Plus tard, ils animent la fanfare de Bar, Pétry  en est le Président, Doussot le directeur et il enseigne la musique, ce qui lui vaut  d'être décoré le 24 mai 1899 "Officier d'Académie". Pétry est l'un des directeurs de la Caisse d'épargne de la ville. Pétry décède le 19 mai  1908 à Bar et son ami Doussot décède lors d'un séjour à Paris 14ème, 1, rue Pierre Larousse, le 28 août 1913.

La Société Académique de l'Aube a publié dans ses Mémoires de l'année 2010 quelques clichés retrouvés par le maire de Bar-sur-Seine, M. Marcel Hurillon.